Kruso**

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« Kruso » de Lutz Seiler, paru aux éditions Verdier, est un livre étrange. L’action se situe en 1989, durant les derniers mois avant la chute du Mur, principalement sur l’île d’Hiddensee, qui existe bel et bien, et certaines caractéristiques du personnage principal, Ed, sont directement inspirées de la vie de l’auteur. Mais ce roman se libère en fait bien vite de l’emprise du réel pour se projeter dans une dimension résolument onirique et poétique.  Lire la suite

Personne n’est obligé de me croire**

 

Personne n'est obligé

« Personne n’est obligé de me croire » est le dernier roman de Juan Pablo Villalobos, écrivain mexicain, dont le premier livre ‘Dans le terrier du lapin blanc’, paru en 2010, a connu un succès international. Villalobos nous entraîne cette fois-ci du Mexique en Catalogne, et sa plume féroce n’épargne personne : intellectuels, maffieux, flics, voyous, Mexicains, Catalans, Chinois, Pakistanais, tous des abrutis, tous des enfoirés…
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Burning***

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« Burning » de Lee Chang-Dong est un film troublant, magnifique, dont l’étrangeté repose sur un trio de jeunes gens confrontés à un monde binaire : Corée du Sud ou Corée du Nord, ville ou campagne, victime ou coupable, riche ou pauvre, apparition ou disparition…sauf quand le ‘ou’ se transforme en ‘et’ – alors on suivra un chat, qui tel le chat de Schrödinger est ET n’est pas là à la fois – à moins qu’il existe une troisième voie, celle de l’imaginaire. Lire la suite

Le serpent de l’Essex **

le serpent de l'essex« Le serpent de l’Essex » de Sarah Perry, se déroule en Angleterre à l’époque victorienne. L’auteur nous fait revivre cette période incroyablement fertile en innovations scientifiques, technologiques, sociétales, ou artistiques, en déroulant le fil de la vie de Cora, une femme libre, curieuse, frondeuse ; Sarah Perry s’inscrit ainsi dans la tradition de ces femmes-écrivains anglaises, dont les héroïnes au destin tumultueux font rêver des générations de lectrices (et de lecteurs !).

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Il n’en revint que trois **

Il n'en revint que trois

« Il n’en revint que trois » de Gudbergur Bergsson chez Métailié vous emmènera dans un coin reculé d’Islande, à la rencontre d’une petite communauté d’hommes et de femmes. Parmi eux, certains restent, accrochés à leur terre et à leurs habitudes, certains passent,  accueillis avec bienveillance et simplicité, d’autres partent, dans l’espoir d’une vie meilleure – bien peu reviennent.

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Mer agitée ***

Mer agitee

Embarquez sur la « Mer agitée » de Christine Desrousseaux et vous vous retrouverez dans une presqu’île isolée, en compagnie d’un vieil homme un peu taciturne. Vous pourrez croire alors que vous êtes exposé à tous les vents mais au moins à l’abri des tourments du Monde, et de l’Histoire. Détrompez-vous !

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L’homme qui s’envola ***

P_20170619_095006 (2)L’auteur, Antoine Bello, est également connu pour avoir écrit la trilogie des ‘Falsificateurs’; ce que l’on sait moins, c’est qu’il a été, comme le héros de ce nouveau roman, un homme d’affaires extrêmement talentueux dans une précédente vie.
« L’homme qui s’envola » a remporté début 2018 le prix Version Femina. Lors de la remise du prix, le président du jury, Philippe Claudel, a déclaré : « Qui n’a pas eu envie un jour de tout laisser, de tout lâcher, de partir, de disparaître et de recommencer sa vie ? Antoine Bello avec un formidable sens de la narration et du suspense nous invite dans ce roman haletant à suivre les pas et les désirs de Walker, un homme à qui pourtant tout semble avoir réussi. Passionné par son métier et heureux dans sa vie privée, il constate néanmoins qu’il a perdu le contrôle de ses heures et de ses jours, de ses rêves aussi. Alors il décide de se réinventer. Tout à la fois roman d’aventure, thriller et récit de ré-initiation, L’homme qui s’envola nous entraîne dans une course haletante contre les autres et contre soi-même, avec pour cadre grandiose le paysage démesuré des Etats-Unis et ses mythologies. Un livre qu’on dévore. » Lire la suite

Faute d’amour ***

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Prix du Jury lors du Festival de Cannes 2017, « Faute d’amour » d’Andreï Zviaguintsev dépeint un univers à l’apparence banale et pourtant glaçant, car toute forme d’amour y est éradiquée, au profit d’un égocentrisme généralisé. Ainsi, le film ne peut se réduire simplement à son scénario, j’y vois plutôt une fable à dimension critique, sociologique et politique, sur la Russie d’aujourd’hui.

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