La belle époque (Nicolas Bedos)

affiche du film la belle époque de nicolas bedos

« La belle époque » est le second film de Nicolas Bedos, qui réunit un casting de rêve, Fanny Ardant, Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Dora Tillier, pour une comédie enlevée, caustique, sur l’empreinte du temps, l’usure du couple et la nostalgie du passé.

L’histoire

Contrairement à sa femme Marianne, qui vit avec une certaine exaltation les progrès de l’ère numérique, Victor, la soixantaine, ancien dessinateur, ne parvient pas à s’y adapter; il accepte le drôle de cadeau de son fils Maxime : revivre dans un décor de carton-pâte le plus beau moment de sa vie, sa rencontre avec Marianne en 1974, dans un café à Lyon. Cette immersion dans le passé est orchestrée en coulisses par un scénariste perfectionniste à l’excès, Antoine, dont la maîtresse, Margot, incarnera pour la circonstance la ‘Marianne’ d’antan.

Mon avis sur « La belle époque »

Comment ne pas tomber sous le charme de « La belle époque », avec son quatuor de comédiens irrésistibles, auxquels viennent s’adjoindre Denis Podalydès et Pierre Arditi, tous deux en grande forme. Dès la toute première scène, Bedos saisit le spectateur recto-verso sur le grill ‘trick or treat’ du ‘réel-fiction’, et ne le lâche plus, prenant un malin plaisir à le piéger, dans des niveaux de narration de plus en plus nombreux. La position de ‘voyeur-démiurge’ tyrannique et colérique, incarné par Guillaume Canet, est évidemment symbolique: à la fois grand ordonnateur de mondes virtuels, et confronté à sa propre réalité physique et intime, ce personnage est peut-être aussi en creux un autoportrait du réalisateur. Le rythme est rapide, avec des dialogues étincelants (malgré quelques mots grossiers à mon avis superflus) qui se poursuivent d’une scène à l’autre, créant des effets de miroir très réussis. Le thème de la perte de repères dans une société en pleine révolution numérique, et de la nostalgie qui en découle pour les décennies qui l’ont précédée n’est plus d’une folle originalité, mais il est ici traité de façon décalée, avec humour et empathie, pour accompagner Victor (Daniel Auteuil, magnifique), dans un ‘retour vers le passé’ très touchant – car il n’est jamais totalement dupe, et emploie l’imparfait quand les comédiens de ‘La belle époque’ en 1974 censés lui donner la réplique utilisent, eux, le présent.

Poursuivre la déambulation

Pour commencer, vous pouvez (re)voir le premier fil de Nicolas Bedos, ‘Monsieur et Madame Adelmann’, autre variation sur le temps, le couple et la nostalgie – un film délicieux !
Ceux qui ont vu « La belle époque » n’auront pas manqué de remarquer à plusieurs reprises l’apparition du roman ‘Martin Eden’ de Jack London que j’ai chroniqué récemment ! Mais avez-vous aussi noté une allusion à ‘Marie-Antoinette’, dont je vous ai aussi parlé, au tout début du film ?
Enfin, notons la coexistence dans ce film du personnage de Marianne ‘âgée’ (envoutante Fanny Ardant, que nous avions retrouvée avec bonheur dans ‘Perdrix’) et ‘jeune’ (Dora Tillier, resplendissante). Souvenez-vous, ce même principe narratif était utilisé par Christophe Honoré dans ‘Chambre 212’, avec les duo Benjamin Biolay / Vincent Lacoste (Richard) et Carole Bouquet / Camille Cottin (Irène).

Extraits de « La belle époque »

4 réflexions sur “La belle époque (Nicolas Bedos)

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