Joker (Todd Phillips)

affiche du film joker de todd philipps

« Joker » de Todd Philipps débarque au cinéma auréolé du Lion d’Or récemment décroché à la Mostra de Venise. Le film est donc centré sur le personnage du Joker, incarné avec incandescence par un Joaquin Phoenix amaigri et méconnaissable…ou comment un type un peu barré se transforme en monstre, en l’espace (cinématographique) de 2h2mn.

L’histoire

Arthur Fleck est un gars plutôt tranquille, qui s’occupe de sa mère, Penny, vit chichement, et travaille pour une petite agence, en tant que clown, pour des évènements, de la publicité, ou pour distraire les enfants des hôpitaux. Il voit aussi une assistante sociale toutes les semaines, grâce à laquelle il peut se procurer des médicaments; le surcroît d’émotions provoque chez lui des crises de rire épouvantables et inextinguibles, qui ont pour effet de glacer son entourage. Il perd successivement tous ses repères et sombre dans la folie pure, provoquant un tourbillon de violence – et de morts.

Mon avis sur « Joker »

La performance de Joaquin Phoenix est exceptionnelle : outre la transformation physique de l’acteur qui frappe le spectateur dès le début du film, on voit le personnage, victime de coups du sort il est vrai, s’enfoncer dans un délire de plus en plus opaque et angoissant. Phoenix joue avec son corps convulsé, son visage fardé et grimaçant, sa voix suave ou brutale, et bien sûr ce rire terrible. Il occupe l’écran la plupart du temps et vampirise le film; seul de Niro semble à même de s’imposer face à lui durant de brèves séquences. « Joker » est un film angoissant, qui distille progressivement comme un venin, un sentiment de malaise tenace. Au-delà du portrait d’un personnage hors norme, le film propose aussi une réflexion sur ceux qui, poussés à bout par des conditions de vie trop difficiles, n’ont plus d’autre recours que la rébellion et la violence urbaine. Même si ces mouvements sont tout à fait d’actualité (et pas seulement à Hong-Kong), c’est un aspect du film que j’ai trouvé moins intéressant, plaqué sur l’intrigue principale, comme si le scénariste avait voulu précisément inscrire le récit dans une dimension collective contemporaine – alors que la folie du Joker est profondément solitaire, et intemporelle.

Poursuivre la déambulation

Le corps torturé du Joker, sa gestuelle désarticulée, cynique et désespérée ont une singulière et glaçante familiarité avec les tableaux de Bacon, dont je vous ai parlé récemment.
La scène du Joker dansant dans les escaliers de la 167ème rue est particulièrement saisissante, à tel point que le lieu est devenu la destination de nombreux instagrameurs, selon le site l’ADN : ICI ! Vous pouvez aussi le constater ‘de visu’ en allant directement sur Instagram, avec le #jokerstairs !

Extraits de « Joker »

4 réflexions sur “Joker (Todd Phillips)

  1. Pingback: Rire, une malédiction (Joker, Todd Philips) – Pamolico : critiques, cinéma et littérature

  2. Pingback: Matthias et Maxime (Xavier Dolan) | Cornelia

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s