La petite conformiste (Ingrid Seyman)

La petite conformiste d'Ingrid Seyman aux éditions Philippe Rey

« La petite conformiste » est le premier roman d’Ingrid Seyman, publié chez Philippe Rey. Esther, la narratrice, raconte son enfance dans une famille pas tout à fait comme les autres, et partage ses aspirations à un environnement plus paisible. Drôle, absurde et parfois grinçant, le récit conduit à une réflexion sur la notion de ‘normalité’ et la responsabilité des parents dans le développement de leurs enfants.

L’histoire

Elisabeth et Patrick Dahan, les parents d’Esther, vivent nus dans leur appartement, et multiplient les excentricités. Cet univers fantasque se révèle très déstabilisant pour Esther, elle ressent un besoin d’ordre, de règles, de simplicité qu’elle pense trouver en étant invitée chez ses amies issues de l’école catholique où on l’a placée.

Mon avis sur « La petite conformiste »

Le ton du livre se veut léger, humoristique, et les anecdotes marquant la vie d’Esther, contées avec un style décapant, sont nombreuses. Toutefois, le propos du livre est grave, puisqu’il s’agit en réalité du poids de l’héritage familial et des fractures qui engendrent mal-être et dysfonctionnements, sur plusieurs générations. En l’occurrence, on comprend que le retour précipité de la famille juive de Patrick, fuyant l’Algérie en 1962, est le point de départ d’une série de non-dits aux conséquences désastreuses. Ingrid Seyman ayant fait le choix de donner la parole à Esther, le récit dégage néanmoins beaucoup de fraîcheur et de candeur, ce qui le rend assez émouvant.
Accéder au site de l’éditeur : La petite conformiste, Philippe Rey

Poursuivre la déambulation

Sur la thématique des enfants ‘en marge’ au sein de leur propre famille, j’avais préféré ‘Isidore et les autres’ de Camille Bordas – peut-être vous souvenez vous, du récit d’Isidore, ce gosse un peu paumé dans une famille de surdoués ! Toujours dans la même veine, il y a un an, ‘La vraie vie’ d’Adeline Dieudonné remportait le prix FNAC, encore une histoire de famille dysfonctionnelle, mais traitée cette fois au scalpel…

Extraits de « La petite conformiste »

Ecoutez la lecture de la première page du livre :

« Le soir venu, ma mère s’inquiéta de me trouver nue sous ma robe. Comme il était hors de question de la mettre dans la confidence, j’imitai sa voix et lui balançai dans les dents :
Les culottes ça ne sert à rien.
On vit nu comme on naît.
Le reste c’est des conventions. »

« Le poumon de leur appartement était le vase de Souk-Ahras. A vrai dire ce n’était même pas un vase mais un récipient informe en terre cuite, orné de croûtes marron en relief, que Patrick appelait des motifs orientaux. Comme mes grands-parents, mon père et ses deux sœurs, le vase de Souk-Ahras était un rapatrié d’Algérie. Et il trônait depuis 1962 sur le meuble de télévision de mes grands-parents. »

« La vérité, c’est que mes parents détestaient les préliminaires. L’échauffement des sens, comme celui des ego avant une dispute, ne faisait pas partie de leur mode opératoire. Les engueulades entre eux surgissaient donc comme par magie, à la manière d’un film d’action qu’on aurait pris en cours de route. »

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