L’œuvre sans auteur (Florian Henckel von Donnnersmarck)

affiche du film l'œuvre sans auteur, du réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck

« L’oeuvre sans auteur » de Florian Henckel von Donnersmarck est un film inspiré de la vie du peintre Gerhard Richter – et d’ailleurs l’affiche a été réalisée ‘à la manière de’ Richter. On y ressent bien l’impact mêlé du contexte historique (Seconde Guerre Mondiale, puis scission de l’Allemagne) et des évènements familiaux intimes sur la construction de l’artiste. Mais, loin d’un format documentaire, c’est aussi une très belle histoire d’amour, de trahison, de secret, avec une réelle tension dramatique, et même quelques passages assez drôles.

L’histoire

C’est en compagnie de sa tante Elisabeth, une jeune femme un peu fantasque, que Kurt, enfant, découvre l’exposition d’art ‘dégénéré’ organisée en 1937 par les nazis, à Dresde. Il perd quasiment tous ses proches durant la Seconde guerre Mondiale. Le communisme succède au nazisme, et Kurt entre à l’école des Beaux-Arts. Il tombe amoureux d’Ellie, la fille du sévère professeur Seeband, gynécologue réputé.

Mon avis sur « L’œuvre sans auteur »

J’ai beaucoup aimé ce film, notamment la seconde partie où l’on voit Kurt chercher l’inspiration, tenter, échouer, repartir dans d’autres directions, avant, enfin, de trouver dans la photographie la matière première de son œuvre. Et l’on assiste alors au processus de création des tableaux ‘photo-réalistes’ de Gerhard Richter, notamment le somptueux ‘Ema dans l’escalier’. Le parcours initiatique de l’artiste est évidemment lié aux événements de sa vie personnelle, à commencer par le sort abominable réservé à ‘tante Elisabeth’ (dans la première partie), puis la très émouvante histoire d’amour avec ‘Ellie’, le destin tragique de son père, l’ombre menaçante de son beau-père. Le scénario est dense, les acteurs excellents (il faudrait les citer tous), et la musique envoutante (signée Max Richer – à ne pas confondre avec Gerhard évidemment). Si l’on peut reprocher à la première partie un certain académisme dans le traitement (un côté ‘convenu’), la seconde partie nous emporte dans un tourbillon d’émotions, tout en évitant l’écueil d’une révélation brutale du passé de Seeband, ce qui laisse flotter sur le dénouement une léger flou – typique des tableaux de Richter à cette époque.

Poursuivre la déambulation

Florian Henckel von Donnersmarck est aussi le réalisateur de ‘La vie des autres’, qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 2008 – que je vous recommande vivement !
L’actrice Paula Beer, qui incarne Ellie, était aussi la magnifique héroïne de ‘Frantz’ de François Ozon (2016), aux côtés de Pierre Niney.
A propos de ‘Ema dans l’escalier’, un tableau peint en réaction à ‘Femme descendant l’escalier’ de Duchamp, Arte a produit un documentaire très intéressant, avec interview du peintre – à découvrir ICI !

Extraits de « L’œuvre sans auteur »

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