Le lecteur à domicile (Fabio Morabito)

le lecteur à domicile de Fabio morabito aux editions corti

« Le lecteur à domicile » de Fabio Morabito raconte les tribulations d’un jeune homme, pour lequel la découverte de l’œuvre de la poétesse mexicaine Isabel Fraire est une révélation. Quel est le rôle de la poésie aujourd’hui ? Que peut apporter la lecture à domicile ? L’auteur propose quelques réponses, disséminées au fil des pages de ce court roman sensible et délicat.

L’histoire

Propriétaire d’un magasin de meubles, le narrateur, Eduardo, vit avec son père, très âgé, et l’infirmière qui en prend soin, Céleste. Suite à une infraction, il est ‘condamné’ à des tournées de lecture à domicile. Il fait ainsi la connaissance des frères Jimenez, du colonel Attariaga, de la famille Vigil…mais il a bien du mal à se concentrer sur la lecture de romans. La découverte des poèmes d’Isabel Fraire lui donne un nouvel élan.

Mon avis sur « Le lecteur à domicile »

Les visites d’Eduardo sont pour l’auteur l’opportunité de dresser des portraits de personnages assez originaux qui pratiquement tous ont quelque chose à cacher. Leur vrai visage se révèle peu à peu, et pour le narrateur, cette évolution marque les étapes d’une initiation qui passe par la lecture. Fils dilettante, flottant sur la crête de son existence sans assumer beaucoup de responsabilités, il va, grâce à la poésie, modifier sa vision du monde et des êtres qui l’entourent. Ce petit livre, empreint d’un humour léger, rend ainsi, à sa façon, hommage au pouvoir de transformation de la littérature et de la poésie.
Accédez au site de l’éditeur : Le lecteur à domicile, éditions Corti
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Marianne Millon
Découvrez une autre chronique à propos de ce livre, sur le blog : Les liseuses

Poursuivre la déambulation

Il est toujours plaisant pour les lecteurs de trouver au fil des pages des allusions à d’autres livres, d’autres auteurs, qui sont autant de portes ouvertes sur des souvenirs de lecture ou des invitations à de nouvelles découvertes. Dans « Le lecteur à domicile », sont évoqués par exemple ‘La métamorphose’ de Kafka, et ‘Petit déjeuner chez Tiffany’ de Capote. Dans la même veine, et encore une fois situé au Mexique, je vous recommande ‘El ultimo lector’ de David Toscana, paru chez Zulma, dans lequel le personnage principal, Lucio, est tellement imprégné de ses lectures qu’il y fait constamment référence, mêlant gaillardement fiction et réalité.
Enfin, pour découvrir l’œuvre d’Isabel Fraire, rendez-vous sur le site : Isabel Fraire

Extraits de « Le lecteur à domicile »

Ecoutez la lecture de la première page du livre :

« Découvrir que mon père, cet homme plutôt mélancolique, qui subvenait fidèlement aux besoins de sa famille, écrivait de la poésie, ne me procura pas le moindre enthousiasme. Il y avait quelque chose d’affligeant à l’imaginer en proie à une envolée lyrique, érotique de surcroît, car il s’agissait d’un texte érotique, et je ressentis un certain soulagement en retournant la feuille, quand je vis le nom d’Isabel Fraire au bas du dernier vers. Je relus le texte et il changea immédiatement sous mes yeux. Il me parut non seulement bon, mais extraordinaire. »

« J’ai toujours aimé les femmes grandes. Plus sensibles et loyales que celles de petite taille, si elles sont laides, elles ne le sont pas entièrement, car la hauteur dilue les défauts. L’inverse est également vrai et il est rare de voir une femme de haute taille d’une grande beauté, mais pour moi, une beauté moyenne est préférable à une beauté irrésistible, si cette dernière s’accompagne de mesquinerie. »

« Je la connaissais si peu. La femme réservée et passive s’était métamorphosée en un être expansif et charnel, qui, au cours de notre visite au colonel, avait pris la situation en main puis m’avait sauvé une fois encore chez les frères Jimenez en récitant par cœur les poèmes d’Isabel Fraire. Je la revis dans le lit de mon père, enlacée par lui mais ne lui rendant pas son étreinte, lui présentant son dos comme on lance une planche à quelqu’un qui se noie. Un sentiment contradictoire envers elle m’envahit alors, un mélange de reconnaissance et de répulsion. »

Une réflexion sur “Le lecteur à domicile (Fabio Morabito)

  1. Pingback: Le sauvage (Guillermo Arriaga) | Cornelia

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