Parasite (Bong Joon Ho)

affiche du film parasite de bong joon ho

« Parasite » du coréen Bong Joon Ho a remporté la Palme d’Or du festival de Cannes 2019. Le jury présidé par Alejandro Gonzales Inarritu a vu juste; ce film contient tous les ingrédients qu’on adore au cinéma, scénario bien ficelé, humour, suspense, réalisation impeccable – et le message passe avec fluidité, sans démonstration, comme une évidence.

L’histoire

La famille Ki-taek vit dans des conditions précaires, saisissant l’opportunité de petits boulots pour assurer le minimum vital. Le fils trouve un emploi de professeur d’anglais à domicile dans une riche famille, et progressivement la fille (en tant que prof de dessin), le père (qui devient chauffeur) et la mère (gouvernante) le rejoignent au service des Park. Tout semble donc rouler à merveille, sauf que…cet équilibre miraculeux va basculer en l’espace d’une soirée.

Mon avis sur « Parasite »

« Parasite » est l’un des meilleurs films que j’aie vu ces derniers mois. Le scénario est très réussi, puisqu’il intègre des problématiques sociales et environnementales contemporaines dans une intrigue comportant de multiples rebondissements, et des dialogues souvent hilarants. Bong Joon Ho ne stigmatise aucun des protagonistes de l’histoire. Il montre une classe sociale aisée repliée sur ses propres petits problèmes, qui côtoie des miséreux sans avoir conscience de la réalité de leurs existences. Et ce qui n’est qu’une petite averse pour les uns devient une véritable catastrophe pour les autres – car nous ne sommes pas égaux non plus face au changement climatique. Au passage, le réalisateur évoque aussi la question de la vérité dans les sociétés modernes, adeptes des SMS et de Photoshop : mensonges et falsifications sont monnaie courante. Peut-être pour plus de sincérité faut-il en revenir à d’autres moyens de communication (talkie-walkies ou code morse ?). Ainsi « Parasite » revêt les atours d’un excellent divertissement pour se muer en parabole, sous l’œil bienveillant et malicieux d’un très grand réalisateur.

Poursuivre la déambulation

N’étant pas abonnée à Netflix, je n’ai pas vu ‘Okja’, le dernier film de Bong Joon Ho, mais j’avais beaucoup aimé ‘Snowpiercer’, sorti en 2013.
« Parasite » présente des similitudes avec ‘Une affaire de famille’ du japonais Kore-eda, qui avait remporté la Palme d’Or en 2018 : il y est aussi question de précarité, et des liens indéfectibles qui lient les individus d’une même famille (qu’elle soit naturelle ou d’adoption).
La Corée du Sud se démarque depuis quelques années par la qualité de ses fictions (au cinéma comme dans les ‘webtoons’) – une créativité exacerbée peut-être par l’ombre menaçante de sa ‘voisine du Nord’ ? . A ce propos, je vous ai parlé il y a quelques mois de l’excellent ‘Burning’ de Lee Chang-Dong, un film onirique et magnifique, à voir et à revoir…

Extraits de « Parasite »

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