Passion (Ryusuke Hamaguchi)

affiche du film Passion de Ryusuke Hamaguchi

« Passion » est l’un des premiers films du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, sorti en 2008, soit 7 ans avant ‘ Senses’ et 10 ans avant ‘Asako’. Il brosse le portrait de trentenaires japonais aisés, partagés entre un besoin d’indépendance et de légèreté propre à l’adolescence, et l’envie de s’engager, durablement, en assumant des responsabilités d’adulte.

L’histoire

C’est lors d’une sortie au restaurant pour fêter son anniversaire que Kaho annonce à quelques amis son mariage prochain avec Tomoya. Le dîner terminé, Tomoya poursuit la soirée avec ses comparses, Takeshi et Kenichiro. Tous trois débarquent chez Takako, qui vit dans l’appartement de sa tante; la jeune femme est passablement secouée par la mort récente de son chat, Rabi.

Mon avis sur « Passion »

« Passion » repose sur un chassé-croisé amoureux qui se déroule essentiellement de nuit, l’appartement occupé par Takako en constituant le centre névralgique. Les conversations vont bon train, dans une atmosphère ‘à la’ Rohmer, mais la légèreté apparente laisse finalement place à une tension oppressante, lorsque Tomoya décide de démarrer une sorte de ‘jeu de la vérité’. A cette émergence de la violence s’oppose le laïus de Kaho à ses élèves: suite au suicide de l’un d’eux, elle tente précisément de les faire réfléchir sur la conscience et la maîtrise de soi. On est au cœur d’un des paradoxes du Japon, qui, en exigeant des individus en société un absolu self-control, leur impose aussi une forme de violence. Cet enfermement dans un cadre bien défini de bienséance s’illustre à l’écran par des plans fixes serrés sur les visages des personnages. La séquence finale entre Kaho et Kenichiro, à l’aube, dans une zone industrielle, est magistrale, tant par l’intensité du jeu des comédiens, que par les lumières et mouvements de caméra. »Passion » est un film dense, qui témoigne d’un niveau de maturité et de maîtrise technique remarquable pour le réalisateur alors âgé d’à peine 30 ans.

Poursuivre la déambulation

Comme vous le savez, j’avais beaucoup aimé ‘Senses 1-2-3-4-5’, auquel j’avais consacré une chronique il y tout juste un an. Si vous aimez le cinéma japonais, ne ratez pas ‘Les Saisons Hanabi’, un festival qui se déroulera dans de nombreuses villes de France entre le 5 et le 16 Juin. Retrouvez la programmation de l’évènement sur le site : hanabi.community
Et puis retour en France: ce ‘jeu de la vérité’ auquel se livre Tomoya m’a décidément rappelé la comédie de Fred Cavayé sortie en octobre dernier, ‘Le jeu’…hilarant et grinçant jeu de massacre, prouvant une fois encore que ‘trop de vérité peut nuire gravement à l’amitié’.

Extraits de « Passion »

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