El Reino (Rodrigo Sorogoyen)

affiche du film el reino de Rodrigo Sorogoyen

« El Reino » (‘le règne’) de Rodrigo Sorogoyen a raflé 7 Goya, l’équivalent espagnol des César. Ce film dresse le portrait d’un politicien soupçonné de détournement de fonds, qui, se sentant traqué, n’a de cesse de préparer sa vengeance. Mené à un rythme d’enfer, ce thriller, magnifiquement réalisé, démonte l’image de l’homme public respectable pour le montrer sans fard, prêt à toutes les extrémités pour parvenir à ses fins.

L’histoire

Manuel Lopez-Vidal est un homme politique espagnol, qui brigue la succession du chef régional du parti. Soupçonné de corruption, il est entendu par la juge et laissé en liberté conditionnelle. Il cherche alors à faire pression sur son parti en menaçant de révéler une autre affaire, qui les ferait tous plonger. Mais les membres de son équipe se désolidarisent progressivement de lui.

Mon avis sur « El Reino »

« El Reino » est un thriller haletant, l’histoire d’un type qui loin de se laisser abattre par sa mise en examen, trouve en lui des ressources d’énergie et de volonté colossales pour fomenter sa revanche. Le rythme est extrêmement rapide, scandé par une musique techno hypnotique – et pourtant chaque image, chaque cadrage semble mûrement réfléchi. Le parti-pris du réalisateur est de suivre le personnage principal tout au long du film ; on assiste ainsi à sa métamorphose d’homme respectable en bête traquée, à tendance paranoïaque. Pas un instant de répit ne nous sera accordé, le scénario va crescendo (avec quelques invraisemblances, notons-le) jusqu’au noir final, qui tombe comme un couperet. Antonio de la Torre, avec ses faux airs de Dustin Hoffman jeune, tendance gendre idéal, est parfait dans ce rôle de coupable-victime à sang froid. Autour de lui gravitent de nombreux personnages, qu’il vaut mieux identifier rapidement pour bien comprendre l’intrigue. Les scènes de dialogues pullulent et parmi elles on retiendra cette séquence hilarante sur un balcon, avec le dénommé Luis (interprété par Luis Zahera) qui déballe pas mal, sans se savoir enregistré, ou encore le débat intense, en direct à la télévision, avec la journaliste. Sorogoyen frappe fort, dénonçant à la fois la corruption des politiques, et la connivence d’un pouvoir judiciaire trop souple à l’égard de ceux qui, sous couvert de respectabilité, profitent d’un système solidement établi.

Poursuivre la déambulation

La ténacité de Manuel face à l’adversité, sa relation avec sa femme rappellent sans aucun doute le personnage de Frank Underwood dans la célèbre série ‘House of cards’.
Antonio de la Torre était déjà en tête d’affiche du précédent film de Rodrigo Sorogoyen, ‘Que dios nos perdone’, un excellent film noir, très noir, où il incarnait un détective bègue – en compagnie de Luis Zahera, lui aussi présent dans la distribution.

Extraits de « El Reino »

3 réflexions sur “El Reino (Rodrigo Sorogoyen)

  1. Pingback: Par-delà la pluie (Victor del Arbol) | Cornelia

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