Les oiseaux de passage (Ciro Guerra et Cristina Gallego)

affiche du film 'les oiseaux de passage' de ciro guerra et cristina gallego

« Les oiseaux de passage » est un film réalisé par Ciro Guerra et Cristina Gallego avec José Acosta, Carmina Martinez, Jhon Narvaez, Natalia Reyes…ces acteurs méconnus en France campent avec talent les membres d’une communauté en Colombie, appelée à basculer brutalement des coutumes ancestrales aux règles implacables des cartels de la drogue. Un film superbe et captivant.

L’histoire

Dans les années 70, la tribu Wayuu est encore régie par des traditions millénaires. Amoureux fou de Zaida, Rapayet doit faire face à une demande de dot colossale. Pour la satisfaire, il se lance, avec son ami Moisés, dans la revente de marijuana à des hippies américains. C’est le début d’un trafic lucratif qui prend de l’ampleur, et ne tarde pas à provoquer des tensions dans la communauté.

Mon avis sur « Les oiseaux de passage »

Ce film m’a beaucoup plu : dès le début, le dépaysement est total, puisque le spectateur se trouve plongé dans la pénombre d’une hutte, avant d’assister comme dans un rêve au rituel de passage à l’âge adulte d’une jeune fille du village. Comment peut-on alors imaginer que cet évènement annonce une autre transition, accomplie par la tribu elle-même, de la fraternité à la lutte armée la plus féroce, de l’extrême dénuement à une opulence ostentatoire. Et c’est la brutalité même du changement qui est frappante. A mesure que le trafic s’intensifie, les livraisons passant d’une mule, à un troupeau de mules, avant de s’effectuer par avion, les rapports entre les humains se délitent, les amitiés sont trahies, le sang coule entre des membres d’une même famille. Ce déchaînement de violence en fait un film noir, très noir, à mi-chemin entre le western et la tragédie grecque. Les règles ancestrales étant incompatibles avec le ‘capitalisme’, les représailles s’enchaînent implacablement. Dans cette atmosphère de plus en plus oppressante, les personnages (principaux et secondaires) sont solidement campés, incarnés dans leur singularité, loin des stéréotypes. On se souviendra longtemps de ces êtres pris progressivement dans une folie collective, et de quelques images fortes du film : la danse de Zaïda, la maison rutilante dans le désert, les cérémonies funèbres…Envoûtant et magnifique.

Poursuivre la déambulation

J’ai vu en 2015 ‘L’étreinte du serpent’ du même réalisateur, Ciro Guerra, un film hypnotique, assez lent, parfois ponctué de passages ultra-violents, qui nous emmenait en exploration au cœur de la jungle amazonienne. Plus récemment est sorti ‘Zama’ de Lucrecia Martel, qui met en scène la cohabitation difficile entre les colonisateurs et les tribus locales, en Argentine, au XVIIIème siècle. Tout comme dans « Les oiseaux de passage », on y ressent toute la vulnérabilité des populations primitives confrontées à de nouvelles règles en contradiction avec leurs traditions. Ce thème a aussi été traité dans
‘L’amant de Patagonie’ d’Isabelle Autissier , un roman touchant, l’histoire d’une jeune écossaise, arrivée en Patagonie, qui s’enfuit pour vivre avec les indiens Yamanas.

Extraits de « Les oiseaux de passage »

Une réflexion sur “Les oiseaux de passage (Ciro Guerra et Cristina Gallego)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s