Fernand Khnopff (Petit Palais)

exposition fernand khnopff au petit palais à Paris

L’exposition « Fernand Khnopff » se tient jusqu’au 17 mars au Petit Palais : il était temps de le remettre à l’affiche, puisque la dernière rétrospective de l’oeuvre de ce peintre symboliste a eu lieu il y a quarante ans à Paris! Tableaux, pastels, dessins mais aussi sculptures, photographies, citations…le parcours des visiteurs est riche en sensations, vibrations, mystères et références, avec en fil rouge la silhouette hiératique de Marguerite, la sœur de l’artiste.

Qui est Fernand Khnopff ?

Fernand Khnopff est un peintre symboliste belge, né en 1858, originaire de Bruges. Après quelques années de formation à Paris, il rejoint Bruxelles où il participe à la création du groupe des XX en 1883. Il noue des contacts avec les peintres pré-raphaélites anglais, notamment Edward Burne-Jones, et séjourne quelques temps à Londres. Mais c’est en 1898 à Vienne que ses œuvres, présentées au premier salon de la Sécession Viennoise, rencontrent un vif succès.
Influencé par Mallarmé le poète, ou Gustave Moreau le peintre (qui réalisa en 1864 ‘Œdipe et le Sphinx’), il s’intéresse à la photographie et réalise de nombreux portraits de sa sœur Marguerite. Mort en 1921, il a beaucoup influencé Magritte – et de fait, on peut ressentir dans sa fascination pour le rêve et l’ésotérisme les prémices de la psychanalyse et du surréalisme.

Mon avis sur l’expo « Fernand Khnopff »

Fernand Khnopff est un peintre de l’étrange. Ses paysages sont un peu flous, ses portraits de femmes et d’enfants révèlent des mines songeuses, des présences évanescentes, des yeux vides. J’ai beaucoup apprécié cette partie de l’exposition, qui invite à la contemplation et à l’introspection. L’une des œuvres s’intitule d’ailleurs ‘I lock my door upon myself’.
J’ai moins aimé ses œuvres résolument symbolistes, comme ‘L’art ou les caresses’ , pourtant l’un de ses tableaux les plus célèbres, mettant en scène Œdipe et le Sphinx dans un format horizontal inhabituel.
Khnopff était fasciné par la figure d’Hypnos, le dieu grec du sommeil, dont il a représenté la tête ailée à de multiples reprises. Sont ainsi présentées deux versions d’un même sujet, ‘Une aile bleue’ (1894) et ‘Blanc, noir, or’ (1902) avec une exécution pourtant très différente de la tête d’Hypnos.
Les encadrements des tableaux, qu’on regarde à peine la plupart du temps, sont ici remarquables.
La scénographie de l’exposition est particulièrement soignée; des équipements audio et olfactifs engagent le visiteur sur la voie de la synesthésie, fusion des sens chère à Baudelaire, qui dans son célèbre sonnet ‘Correspondances’ le clame : ‘Les parfums, les couleurs et les sons se répondent’. Car il est aussi question de littérature, dans une salle transformée en bibliothèque avec un hommage à Rodenbach, écrivain belge auteur de ‘Bruges la morte’ ou encore l’évocation de Verhaeven, le poète symboliste.
Cette exposition autour de l’œuvre de Khnopff nous convie ainsi à une flânerie agréable et intéressante dans l’univers artistique des symbolistes, qui a marqué l’Histoire de l’Art au tournant du XXème siècle.

Découvrez aussi l’article de la blogueuse Ninideslaux, à propos de cette exposition : Fernand Khnopff, Ninideslaux

Poursuivre la déambulation

Avec le retour des beaux jours, que diriez-vous d’une petite escapade à Bruges, avec pour livre de chevet l’ouvrage de Rodenbach, ‘Bruges la morte’ ? A moins que vous ne choisissiez pour destination Fosset, petite localité des Ardennes belges (une région célébrée par Verhaeren), 250 kilomètres plus au sud, pour y contempler le pont romain à trois arches peint par Khnopff ?
Quoi qu’il en soit, prévoyez d’être à Paris aux alentours du 14 mars, date à laquelle démarre au musée Jacquemart-André l’exposition ‘Hammershoi, le maître de la peinture danoise’. Et peut-être serez-vous fascinés, comme je l’ai été, par le lointain cousinage entre le style du peintre danois et certains portraits de Khnopff, en particulier l’austère et imposant ‘Portrait de Marguerite’…

Quelques tableaux de l’exposition « Fernand Khnopff »

tableau de fernand khnopff, présenté à l'exposition du petit palais à paris, intitulé 'I lock the door upon myself', peint en 1891
I lock my door upon myself, 1891
tableau de Fernand Khnopff exposé au Petit Palais, intitulé 'un hortensia', peint en 1884
Un hortensia, 1884
tableau de fernand khnopff, présenté à l'exposition du petit palais à paris, intitulé 'du silence', peint en 1890
Du silence, 1890

Une réflexion sur “Fernand Khnopff (Petit Palais)

  1. Pingback: Hammershoi (Musée Jacquemart-André) | Cornelia

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