La bête creuse (Christophe Bernard)

La bête creuse de Christophe Bernard éditions le quartanier

« La bête creuse « , aux éditions Le Quartanier, est le premier roman de Christophe Bernard. L’action se déroule principalement dans un petit village imaginaire de Gaspésie – la Gaspésie, péninsule située au nord-est de Québec. On suit en parallèle l’histoire de François Bouge, de nos jours, et celle de son aïeul, Monti Bouge, au début du XXème siècle. Il est ainsi question de l’empreinte laissée par nos ascendants, et de la nécessité de comprendre ses racines, pour pouvoir construire sa vie.

L’histoire

Tout commence par une partie de hockey, durant laquelle Monti Bouge ingurgite par mégarde le palet (la ‘puck’) propulsé par l’adversaire. S’ensuit une querelle éternelle entre Monti et le facteur Bradley (dit ‘Le Paspéya’), qui se jouent des tours pendables, durant des décennies.
Un siècle plus tard, le petit-fils de Monti, François, est obsédé par la présence d’une mystérieuse ‘bête’ qui le terrifie. Il prend un taxi pour se rendre chez ses parents en Gaspésie, tandis que son frère Yannick, est en pleine beuverie avec quelques amis, dans le chalet de ‘l’oncle à Laganière’.

Mon avis sur « La bête creuse »

Bienvenue en Gaspésie ! L’auteur y est né, et nous emmène sur ses terres, au sein d’une nature splendide, essaimée de villages et lieux-dits aux noms évocateurs, et peuplée d’énergumènes aux patronymes inoubliables (Patapon, La Guité, Rock, Ovila Pronovost…), tous plus ou moins accros au ‘Yukon’, l’alcool local.
Commencez par lire le prologue ; si comme moi vous êtes morts de rire, je vous encourage à poursuivre, et à vous lancer dans le véritable défi que constitue la lecture des ces 700 pages ! En effet, il vous faudra passer le cap des 150 premiers feuillets, durant lesquels on peine à prendre ses repères, pour arriver ensuite dans une intrigue aux multiples ramifications qui ne cesse de monter en puissance jusqu’à la fin.
Amis francophones non-québécois, vous devrez aussi vous familiariser avec les innombrables expressions typiques (et franchement savoureuses) du parler de Gaspésie – et puis, accepter de ne pas comprendre certains mots (ce n’est pas si grave).
Mais tous ces efforts seront amplement récompensés, car Christophe Bernard a à la fois un talent fou pour raconter mille histoires et y camper ses personnages hauts-en-couleur, et un humour irrésistible qui vient se glisser dans des petites phrases elliptiques, très imagées, ou au cœur de situations rocambolesques. Son style a une réelle puissance comique et poétique, et certaines phrases sont de véritables pépites.
Voici donc un ouvrage ‘hénaurme’, hors-norme, destiné aux gros lecteurs motivés, gourmands, curieux, auxquels je souhaite une belle et intense traversée en territoire gaspésien !

Rencontre avec Christophe Bernard

J’ai rencontré Christophe Bernard lors du festival America, et voici sa dédicace à Cornelia !

Si vous avez aimé « La bête creuse »

J’aime beaucoup la littérature québécoise, et je vous ai déjà parlé de « Québec Bill Bonhomme », dont les aventures incroyables m’avaient vraiment enthousiasmée l’été dernier :
https://cornelia-online.blog/2018/07/20/quebec-bill-bonhomme/

Pour vous procurer tous ces formidables romans québécois, je vous signale l’existence de la Librairie du Québec à Paris, rue Gay-Lussac ; vous pouvez aussi les commander sur http://www.librairieduquebec.fr

Les primo-romanciers donnent parfois naissance à des romans-fleuves ! C’était le cas de Nathan Hill, dont j’avais salué le talent et le potentiel dans ma chronique sur « Les fantômes du vieux pays » (disponible chez Gallimard et Folio) :
https://cornelia-online.blog/2017/09/11/les-fantomes-du-vieux-pays/

Extraits de « La bête creuse »

Ecoutez la lecture de la première page du livre :

« Il tremblotait dans ses bottes autant qu’une potée de vermicelles. Il voulut ouvrir la porte de la bicoque. Sauf qu’il n’y avait plus de porte. Il n’y avait plus de bicoque non plus. La table lévitait dans le cosmos. Les faces brunes des Etats-Uniens y flottaient aussi avec dans le front le mot vengeance de gravé au fer rouge. Ce fut à ce moment-là que les yeux de Monti lui tombèrent dans le même trou, pour se braquer sur la fameuse bête avec quoi il achalait tout le monde et qui venait de prendre corps en avant de lui. »

« La Frayère, c’était le paradis sur terre. Il aurait fallu être borné pour pas le reconnaître et avoir envie d’aller ne serait-ce qu’en vacances n’importe où ailleurs sur la planète. »

« François leur lisait des bouts de chapitres, des mots dispersés, écrits de la main gauche sans ordre particulier à travers des flèches qui pointaient vers rien sur des feuilles toutes raturées, encore à mettre au propre, cernées de vin rouge ou de café, qu’il déchiffonnait au fur et à mesure qu’il reformulait ses théories. »

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