Les confins du monde***

Les confins du monde - affiche

« Les confins du monde » est le dernier film de Guillaume Nicloux avec Gaspard Ulliel dans le rôle principal, mais aussi Guillaume Gouix, Gérard Depardieu et Lang-Khé Tran. Voilà une évocation originale, intimiste, presque onirique de la guerre d’Indochine, dont les forêts somptueuses sont le théâtre des pires atrocités, emportant les protagonistes dans les méandres de la folie.

L’histoire

Robert Tassen est un soldat de l’armée française en Indochine, en 1945. Unique survivant d’une tuerie qui a occasionné la mort de son frère, il est obsédé par l’idée de le venger, et n’a de cesse de retrouver son assassin, Vo-Binh. Dans cette quête, il va croiser un écrivain, Saintonge, qui devient son guide spirituel, mais aussi un soldat, Cavagna, compagnon fidèle face aux périls et enfin une prostituée, Maï, aux charmes ensorcelants.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher!

Pourquoi le voir

Ce n’est pas réellement un film DE guerre, même si la tension et la menace sont omniprésentes – et certaines images difficilement supportables. Il s’agit plutôt d’une sorte d’errance au cœur d’une nature exubérante, où les moments d’action pure sont rares ; l’attente, la recherche d’un ennemi invisible, insaisissable, sont les ressorts d’un scénario dont les fils se resserrent constamment, jusqu’aux scènes finales qui viennent bousculer et remettre en question tout ce qui a précédé.
Gaspard Ulliel est le pivot central de ce film, il incarne Tassen avec sobriété, et passe avec aisance de l’humilité du disciple, à la fraternité militaire, avant de laisser s’exprimer la force du désir. Il est vrai que les autres comédiens le servent avec brio, à commencer par l’inusable Depardieu, dont les premiers mots : ‘Tassen ! Robert Tassen !’ résonnent avec ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérise.
Ainsi, « Les confins du monde » est à la fois une histoire d’amitié, de passion fulgurante, mais aussi une quête presque mystique où le héros en cherchant Vo-Binh finit par se trouver lui-même – un film où l’horreur et la beauté se côtoient, où le pire et le meilleur de l’humanité s’enlacent dans une danse macabre et hypnotique.

Poursuivre la déambulation

Dès lors qu’on évoque le Viet-Nam, la référence cinématographique est inévitablement ‘Apocalypse Now’ – et pourtant ce film adopte à mon avis un angle radicalement différent. Il s’apparente davantage à ‘La 317ème section’ de Pierre Schoendoerffer (sorti en 1965) , ou à l’énigmatique ‘Ni le ciel, ni la terre’ de Clément Cogitore (2015).
Guillaume Nicloux est un réalisateur éclectique qui en 21 films et déjà presque 30 ans de carrière a osé sans cesse se remettre en question et ouvrir de nouveaux chemins. Je vous invite à revisiter son parcours en 4 bonds de géant, en passant du ‘Poulpe’ (policier/humour noir – 1998) à la ‘Religieuse’ (d’après Diderot – 2013) , sans oublier ‘L’enlèvement de Michel Houellebecq’ (2014), et ‘Valley of Love’ (le duo Huppert-Depardieu dans la Vallée de la Mort – 2015) .

Extrait

 

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