Leto**

Leto-affiche

« Leto » est un film qui raconte l’émergence de la scène rock russe, dans les années 80, sous l’impulsion de deux figures majeures, totalement inconnues dans nos contrées : Mike Naumenko et Viktor Tsoï. Le réalisateur, Kirill Serebrennikov, n’était pas à Cannes pour le présenter, mais son équipe de comédiens était bien présente : Roman Bilyk (Mike) , Teo Yoo (Viktor Tsoï), et Irina Starshenbaum (Natacha) ont gravi les marches, peu de temps après Zviaguintsev, un autre réalisateur russe, qui, lui, faisait partie du jury cette année.

L’histoire

Dans une petite salle de spectacles de Leningrad, le groupe rock Zoopark, mené par le charismatique Mike Naumenko, fait salle comble : devant un public de jeunes sagement assis, et vêtus proprement, ses chansons, aux paroles scrupuleusement décortiquées par la censure, créent un espace de liberté et une forme d’échappatoire. Mike est un artiste inspiré, qui vit par et pour la musique, et fidèle à sa compagne, Natacha. Il est rejoint par Viktor Tsoï, autre musicien talentueux, qui fonde le groupe Kino – et Mike ne tarde pas à sentir l’attirance réciproque de Viktor et Natacha.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

Leto est un film surprenant : on pourrait s’attendre à un rythme effréné, avec des musiques rock omniprésentes ; or curieusement, c’est un film calme, centré sur le quotidien des musiciens plutôt que sur de grands effets visuels et sonores – à l’exception de quelques brèves séquences déjantées, dont le traitement graphique est  une véritable réussite.

Le scénario, un peu pauvre à mon goût, est centré sur ce trio amoureux, Mike, Natacha et Viktor, dans une grande économie de dialogues; la caméra capte les regards, les gestes, et dévoile les non-dits au fil de très belles images noir et blanc. Quant à la bande-son, elle a valu au film le Prix Cannes Soundtrack de la Meilleure Bande Originale.

On ne peut évoquer Leto sans parler de l’arrestation intempestive, en fin de tournage, de son réalisateur Kirill Serebrennikov – ce qui l’a forcé à terminer son film dans des conditions très difficiles. Pourtant Leto n’est en rien polémique; la discipline absolue dont Mike fait preuve pour se tenir sur le fil ténu entre censure et création semble avoir été de règle pour le réalisateur lui-même. En résulte un long-métrage qui fait presque penser à un documentaire, et c’est là peut-être son point faible : on en vient à douter un peu de la véracité de ce récit curieusement trop sage.

Poursuivre la déambulation

Ce film fait figure d’ovni dans la galaxie des films russes contemporains, dont certains vous ont déjà été présentés dans ce blog : ‘Arythmie’ de Khlebnikov , ‘Faute d’amour’ de Zviaguintsev, ‘Une femme douce’ de Loznitsa ont pour dénominateur commun une grande violence psychologique, qu’on ne retrouve absolument pas dans ‘Leto’.

Parmi les biopics de musiciens, je serais tentée de rapprocher ‘Leto’ de ‘Walk the line’,  de James Mangold ( 2006) à propos de l’américain Johnny Cash, interprété par Joaquin Phoenix qui a instillé dans le personnage une douceur et une sensibilité attachantes, malgré les addictions dont il était victime.

Extrait

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Une réflexion sur “Leto**

  1. Pingback: Le sillon*** | Cornelia

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