La saveur des ramen**

SaveurDesRamen - affiche

« La saveur des ramen » d’Eric Khoo, réalisateur singapourien, s’inscrit dans la mouvance des films ‘culinaires’, genre auquel se sont essayés de nombreux metteurs en scène européens, asiatiques, américains, la nourriture étant considérée à juste titre comme un ‘marqueur fort de l’identité culturelle’. Et c’est précisément ce dont il est question dans le film de Khoo – on en vient presque à regretter que les cinémas ne projettent pas (encore) en odorama !

L’histoire

Suite à la mort de son père, le jeune Masato, qui vit au Japon, entreprend un voyage à Singapour dont sa mère, décédée elle aussi, était originaire, et où il a passé les dix premières années de sa vie. Il se lance dans une quête à la fois familiale, à la recherche de son oncle et de sa grand-mère maternels, et sensorielle, pour retrouver le goût de la cuisine de son enfance, en particulier celui du bak kut teh, une soupe parfumée extrêmement populaire à Singapour.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

‘La saveur des ramen’ est un film délicat, lent, sensible, qui aborde subtilement des thèmes universels : la tradition culinaire et sa transmission comme ciment culturel ; le poids du passé, des souvenirs et des secrets de famille ; la possibilité du pardon, de la réconciliation ; la nécessité de s’acquitter des anciennes dettes pour pouvoir aller de l’avant. Masato ne peut compter que sur quelques photos et un journal intime, ultimes traces d’un passé révolu, et sur l’aide précieuse d’une blogueuse culinaire pour le guider dans un environnement qui lui est devenu étranger. Le réalisateur fait surgir des images et sensations de son enfance dans des teintes pastel, et le film navigue paisiblement entre passé et présent, entre Singapour et le Japon – il est ainsi fortement question de mixité culturelle, et du ressentiment des singapouriens âgés, suite à l’occupation japonaise durant la seconde Guerre Mondiale.
La nourriture occupe une place centrale : les amateurs de cuisine asiatique apprécieront la sélection attentive des ingrédients, la préparation exigeante des plats, et la mine réjouie de Masato lors des (multiples) dégustations ! Tous les sens sont mis à contribution, dans une célébration presque mystique de l’art de régaler ses convives.
C’est donc un film pétri de bons sentiments, joli, agréable et émouvant – moi, j’y aurais bien ajouté une petite dose de wasabi pour le rendre plus piquant !

Poursuivre la déambulation

Evidemment on est tout de suite tenté de faire le rapprochement avec le film ‘Les délices de Tokyo’, de Naomi Kawase qui nous avait enchantés en 2016, et lancés sur la piste gourmande des dorayakis ! Le rythme lent et le traitement des couleurs n’est pas sans évoquer la filmographie d’Ozu ou de Kore-Eda.
Mais on peut aussi s’extraire de la sphère asiatique et repenser à ‘Frantz’, un film magnifique de François Ozon, avec Pierre Niney et Paula Beer, qui là encore évoquait les blessures du passé, et mettait en lumière l’antagonisme entre français et allemands au lendemain de la guerre de 14-18.

Extrait

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