La bête à sa mère***

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« La bête à sa mère » est le premier roman de David Goudreault, auteur, poète, slameur et travailleur social québécois. C’est documenté : la bête a fait des petits – un second (‘La bête et sa cage’) et un troisième volume (‘Abattre la bête’) sont sortis aux éditions Stanké. A défaut de les trouver en France, faudra-t-il aller les débusquer dans leur contrée natale? Mais méfiez-vous, quand la bête vous chope, elle pourrait bien ne plus vous lâcher jusqu’à la dernière page.

L’histoire

Le livre raconte l’itinéraire d’un jeune garçon, séparé de sa mère – multi-récidiviste des tentatives de suicide ratées -, et errant d’une famille d’accueil à l’autre. Devenu adulte, il mène une vie dissolue dans l’alcool, le tabac et les amphétamines, essuie des coups, en distribue abondamment, mais surtout, il retrouve (peut-être) la trace de sa mère. En attendant de grandioses retrouvailles, il décide de l’espionner un peu, pour mieux l’aborder plus tard.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le lire

La parole est au jeune homme, on va donc pénétrer dans son esprit passablement fracassé et tenter de comprendre sa logique très personnelle, dénuée de toute moralité, et de ce fait franchement hilarante. De petites bêtises en grosses embrouilles, son parcours alimente de nouveaux mensonges à servir touts cuits si besoin. Bien que la liste de ses péchés approche l’infini, on ne peut s’empêcher de le trouver attachant, tant ce monstre raciste et sexiste semble sincère dans son besoin désespéré d’amour maternel, tant il l’exprime dans une langue étonnamment agile, ponctuée de quelques expressions savoureuses, typiquement québécoises.

Rencontre avec l’auteur

Daivd Goudreault était au Festival America ! Et voici sa magnifique dédicace à Cornelia :

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Poursuivre la déambulation

Pendant toute la lecture de ce livre, j’ai repensé au bouleversant film ‘Mommy’ de Xavier Dolan, sorti en 2014, l’histoire de la relation intense entre un fils bipolaire et sa mère fantasque.
L’alliance de la noirceur et de la drôlerie est aussi célébrée dans ‘Harengs frits au sang’ de Jean Duperray, un roman déroutant, une histoire de meurtre peuplée de personnages hauts-en-couleur, et dont le style,extrêmement original, invite à la déclamation !

Extrait

« Ce qui était pratique avec la bibliothèque municipale, en plus des livres à lire, de l’accès à Internet et des filles en jupe, c’est qu’elle était à deux pas d’un bazar. Un bazar qui rachetait les livres, à faible prix, mais en quantité. Je bourrais mon sac à la bibli et le déchargeais cinq bâtisses plus loin. Il n’y a pas que l’économie qui doit rouler, la littérature aussi. »

« Je reconnaîtrais ma mère entre mille. J’ai l’instinct maternel.
J’irais la voir et je mettrais tout au clair. Oui. Samedi. Ou lundi. Pour l’instant, nul besoin de me torturer. Il y avait eu trop de signes, cette femme était ma mère et c’était tout!
Le mélange d’adrénaline, d’amphétamines, de nicotine et d’espoir m’empêchait de dormir. Il me fallait un verre ou deux ou trois bouteilles. »

« Même s’il ne m’interrogeait pas, je savais bien que sa curiosité était piquée à l’os. Je lui ai raconté mon histoire à nouveau, insistant sur la forte poitrine de la femme hispanique et la brutalité des Afro-Américains. Mon histoire se peaufinait à mesure que je le reconstruisais.  »

 

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