Thunder Road***

Thunder road - affiche

« Thunder Road » est un film de Jim Cummings, qui a remporté le Grand Prix au Festival du Film Américain de Deauville…une belle récompense pour Cummings qui en est le scénariste, producteur, réalisateur et acteur principal ! L’engagement de Jim Cummings dans ce projet est total : il est l’homme-orchestre d’un film dont le héros peu à peu se décompose.

L’histoire

Jimmy Arnaud est un type ordinaire, flic exemplaire, séparé de sa femme mais faisant son possible pour égayer sa fille Crystal quand il en a la garde. Lors des funérailles de sa mère, Jimmy Arnaud improvise un discours qui tour à tour émeut, puis sidère, puis met carrément mal à l’aise les invités. Il faut dire que, pour rendre hommage à la défunte, il se lance dans une chorégraphie ridicule censée accompagner la musique préférée de sa mère : ‘Thunder Road’ de Bruce Springsteen…sauf que le magnétophone est en panne. D’ailleurs bientôt, c’est toute la vie de Jimmy qui va se dérégler.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une comédie, même si de nombreux passages font sourire. Cummings a cette capacité à éclater soudainement en sanglots – sa voix se brise – avant de se reprendre bravement – mais il est trop tard, la mise à nu des sentiments est immédiatement sanctionnée par une société américaine normative, lissée, basée sur une logique de succès, incapable de tolérer l’idée de l’échec. C’est précisément cette fêlure que Cummings explore dans ce film, qui se produit lorsqu’un être sensible, habitué à porter le masque et à jouer le jeu, laisse subitement et malgré lui s’exprimer sa tristesse, son désarroi, sa colère, quitte à en payer le prix plus tard. En ce sens, ce scénario fonctionne vraiment à la perfection dans un contexte américain, mais serait moins crédible dans d’autres contrées. Le mâle blanc, patriote et bon citoyen, cher à Trump, en prend pour son grade. Cummings octroie toutefois à son personnage quelques mains tendues, comme celle de son ex-collègue policier par exemple. Et comme on est dans un film américain, on termine sur une lueur d’espoir – d’autres scénaristes auraient peut-être enfoncé le clou avec férocité jusqu’à la déchéance absolue du personnage. Voici donc un film émouvant, subtil, toujours sur le fil : on attend avec impatience le retour de Cummings, avec l’une ou plusieurs de ses casquettes, nouvelle recrue du cinéma indépendant américain !

Poursuivre la déambulation

Pour commencer, on va écouter ‘Thunder Road’ de Bruce Springsteen, c’est par ICI
D’entrée de jeu, Jim Cummings s’inscrit dans la lignée de ces célébrités du cinéma, qui, eux aussi, jonglent avec les casquettes et s’engagent à fond dans des projets qui leur tiennent particulièrement à cœur. On se souvient de Kenneth Brannagh, acteur-producteur-réalisateur du ‘Crime de l’Orient-Express’ . On peut aussi penser à Sean Penn, producteur-réalisateur-scénariste du magnifique ‘Into the Wild’. Sans oublier le surdoué québécois, Xavier Dolan, qui a cumulé les fonctions dans ‘J’ai tué ma mère’, ‘Les amours imaginaires’ et ‘Tom à la ferme’. En France, Guillaume Canet et Mathieu Kassovitz se sont aussi prêtés à l’exercice !

Extrait

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