Burning***

Burning-affiche

« Burning » de Lee Chang-Dong est un film troublant, magnifique, dont l’étrangeté repose sur un trio de jeunes gens confrontés à un monde binaire : Corée du Sud ou Corée du Nord, ville ou campagne, victime ou coupable, riche ou pauvre, apparition ou disparition…sauf quand le ‘ou’ se transforme en ‘et’ – alors on suivra un chat, qui tel le chat de Schrödinger est ET n’est pas là à la fois – à moins qu’il existe une troisième voie, celle de l’imaginaire.

L’histoire

Jongsu rencontre par hasard une amie d’enfance, Haemi. Elle lui fait découvrir son tout petit studio, et en profite pour l’initier aux plaisirs de la chair. Peu de temps après, Haemi part en voyage en Afrique, elle demande à Jongsu de venir régulièrement s’occuper de son chat en son absence. A son retour, Haemi est accompagnée d’un jeune homme un peu mystérieux et visiblement très riche : Ben. Le trio se réunit de temps en temps, jusqu’au jour où la jeune femme disparaît.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher!

Pourquoi le voir

L’actrice Jun Jong-Seo, qui incarne Haemi est à mon avis la révélation de ce film, qu’elle illumine de sa grâce juvénile pendant toute la première partie. On retiendra deux scènes exceptionnelles, celle de la dégustation de la mandarine ‘imaginaire’ devant un Jongsu médusé, et celle de la danse (sur la mythique bande-son de ‘Ascenseur pour l’échafaud’) face au coucher de soleil, sous le regard fasciné des deux garçons. Lorsqu’Haemi disparaît, un autre film commence, plus sombre, angoissant : s’engage alors une sorte de jeu de cache-cache ambigü entre Jongsu et Ben. On pourrait débattre à l’infini du scénario, qui laisse émerger des hypothèses, multiplie les indices, croise les pistes, et laisse finalement le spectateur sans réponse. A chacun de formuler sa propre vérité, ne soyez pas surpris si ce film continue de vous tarauder pendant quelques temps après la projection! Pour ma part j’ai été subjuguée par la beauté des images, des lumières, et la perfection des détails. Même s’il y a une opposition bien réelle entre le monde rural où se replie Jongsu, et l’univers urbain, moderne et élégant dans lequel évolue Ben, le film est surtout intéressant par sa dimension métaphorique ; on assiste en effet à l’initiation d’un jeune homme, Jongsu, qui passe par toute une série d’épreuves (réelles ou imaginaires?) avant de pouvoir se libérer et accéder à son rêve – devenir écrivain.

Poursuivre la déambulation

Ce film est inspiré d’un nouvelle de Murakami, dont vous savez – si vous suivez ce blog assidument ! – qu’il est un de mes auteurs favoris: souvenez-vous, j’avais chroniqué ‘Kafka sur le rivage’ il y a quelques mois.
Je vous incite également à (re)découvrir ‘Poetry’, le précédent film du réalisateur Lee Chang-Dong, qui avait remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 2010.
Enfin, je n’ai pu m’empêcher d’associer ce trio magnétique à celui formé par ‘Jules et Jim’ ET Catherine dans le film-culte de Truffaut – dont je ne me lasserai jamais.

Extrait

 

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