Le poirier sauvage***

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« Le poirier sauvage » est le dernier film du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, en sélection officielle au Festival de Cannes 2018, quatre ans après sa palme d’or reçue pour ‘Winter Sleep’. Si ‘Winter Sleep’ (que j’avais beaucoup aimé) avait l’éclat métallique et rocailleux de la lumière d’hiver, « Le poirier sauvage » se nimbe des couleurs dorées de l’automne et adopte un ton plus chaleureux, moins cérébral. 

L’histoire

Après ses études, Sinan, qui rêve de faire publier son premier livre, retourne dans son village natal, en Anatolie. Là, il retrouve son père, dont l’activité consiste à creuser un puits (sans jamais trouver d’eau), et à emprunter de l’argent pour jouer aux courses (creusant de ce fait l’autre trou – celui de ses dettes abyssales). Au fil de ses promenades, Sinan rencontre une jeune fille sur le point de se marier, des imams, un auteur célèbre, un entrepreneur, et dialogue avec eux, avec parfois un brin d’impertinence, ce qui n’est pas du goût de tous.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

Disons-le tout net : voici un film un peu trop long, et parfois même verbeux. Certains dialogues n’en finissent pas ! Ceci étant posé, j’ai été emportée par la beauté hallucinante des images et de la musique (la Passacaille BWV 582 de Bach vient ponctuer les transitions). J’ai adoré la figure du père (irrésistible Murat Cemcir), qui avec ses yeux malicieux et son sourire canaille illumine le film, et lui confère une humanité vibrante. Il est d’ailleurs le protagoniste de la plupart des scènes comiques. Quant au fils, le personnage principal incarné par Dogu Demirkol, avec sa tête d’adolescent mal dégrossi, il a forcément hérité du caractère un peu excentrique de son père, mais il exerce son don pour la provocation sur le terrain des idées, ce qui n’est certainement pas la meilleure tactique pour arriver à ses fins. Entre ces deux hommes, les silences et les regards pèsent autant que les paroles. Et l’émotion naît de ces moments de complicité muette entre père et fils, qui trouvent leur apogée lors de la scène finale.

Poursuivre la déambulation

Le thème de la relation père-fils a été maintes fois traité au cinéma et en littérature. Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé des aventures de l’inénarrable ‘Québec Bill Bonhomme’ narrées par son fils – mais aussi des relations compliquées entre Albertin et son père dans ‘Le bon fils’ de Denis Michelis – sans oublier le lien indéfectible qui unit Pietro, le narrateur de ‘Les huit montagnes’ de Paolo Cognetti, à son père…la palme des énergumènes père et fils revenant aux héros de ‘La France comme ma poche’.

Extrait

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