Arythmie***

arythmie - affiche

« Arythmie » est le cinquième long-métrage de Boris Khlebnikov, avec Alexandre Yatsenko et Irina Gorbatcheva…Boris Khlebnikov fait partie de la mouvance des ‘nouveaux calmes’, un groupe de réalisateurs russes qui ont émergé à partir de 2005 et se caractérisent par leur regard décalé sur les problèmes sociaux de la Russie, en adoptant un ton plus léger (et globalement mieux toléré par les autorités) que Zviaguintsev ou Loznitsa par exemple.

L’histoire

Mariés, Oleg et Katia travaillent tous deux aux urgences dans un hôpital de province, en Russie. Le stress et la fatigue sont intenses ; Oleg compense en s’adonnant (un peu trop) à la boisson. Katia ne le supporte plus et voudrait divorcer. Oleg en est profondément affecté, et son désarroi s’accroît encore lorsqu’un nouveau directeur débarque à la tête de son service, bien décidé à faire appliquer des directives visant à améliorer la ‘productivité’ des urgentistes.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher!

Pourquoi le voir

Au cœur de ce film touchant et parfois glaçant, on trouve l’histoire d’un couple en décomposition, interprété par deux très grands comédiens (inconnus en France, mais célèbres dans leur pays). Leur jeu est subtil, et finalement le spectateur ne saurait prendre parti pour l’un ou pour l’autre, tant chacun semble sincère. Leurs dialogues, leurs soirées arrosées avec la famille ou les amis sont d’ailleurs aussi émaillés de passages plutôt comiques, et parfois accompagnés d’une musique ‘pop’ russe qui vient en contrepoint d’un constat plutôt amer. Car il s’agit bien aussi d’un état des lieux de la santé en Russie, presque 20 ans après la réforme de Poutine qui a mis fin à la gratuité totale des soins dont bénéficiaient les Russes pendant la période soviétique. Les nouvelles mesures dont il est question dans le film traduisent un syndrome dont sont aussi affectées nombre de grands entreprises ou organisations: la fixation d’objectifs et de méthodes totalement irréalistes et en contradiction avec les réalités du ‘terrain’ – et l’absurdité qui en découle. Sauf qu’ici, il s’agit de la survie des patients : faut-il se plier aveuglément aux instructions ou agir selon sa conscience, en professionnel, et risquer ainsi des sanctions ? Dans son film, Khlebnikov ne revendique rien, n’incite pas non plus à la désobéissance, mais il montre des personnages qui face à un contexte social de plus en plus tendu, n’ont finalement pas d’autre choix que de trouver leur équilibre et leur épanouissement dans la sphère privée.

Merci au cinéma Le Balzac à Paris, qui a diffusé ce film en avant-première, et en présence de Joël Chapron, expert du cinéma russe.

Poursuivre la déambulation

L’impuissance de l’individu face à un système absurde avait été remarquablement traité par Ken Loach dans son film ‘Moi, Daniel Blake’, qui m’a énormément touchée.
Irina Gorbatcheva m’a beaucoup rappelé Greta Gerwig, mais elle est également de la trempe d’Adèle Haenel, une actrice que j’ai adorée dans ‘Les Combattants’ ou ‘Les ogres’, et qui incarne elle aussi un médecin face à ses responsabilités dans le film des frères Dardenne, ‘La fille inconnue’.

Extrait

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