Québec Bill Bonhomme***

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Publié en 1977 avec le titre ‘Disappearances’, le premier roman de Howard Frank Mosher s’intitule en français « Québec Bill Bonhomme ». Sous ce patronyme saugrenu se cache un homme intrépide, foncièrement optimiste, dont les aventures insensées nous tiennent en haleine sur plus de 400 pages.

L’histoire

Québec Bill Bonhomme vit avec sa famille dans le nord du Vermont, tout près de la frontière canadienne. Manquant de foin pour nourrir son élevage de bœufs, il embarque son fils Wild Bill, son beau-frère Henry et son homme de main Rat Kinneson dans une folle équipée: cap sur le Canada, en canot, à pied, en train, en hydravion, pour tenter de soustraire des bouteilles de whisky à l’abominable Carcajou, et les ramener en toute illégalité aux Etats-Unis. Mais l’aventure, qui paraissait simple et facile au départ, s’avère beaucoup plus dangereuse que prévu.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher!

Pourquoi le lire

Le narrateur est Wild Bill, le fils de Québec Bill. Il est le témoin privilégié de toutes ces incroyables péripéties, et le complice involontaire de ce père incroyable, férocement déterminé à se sortir de toutes les situations, qu’il affronte avec une confiance et un moral inébranlables. Le roman s’attache aussi à décrire d’autres membres de la famille, notamment la douce Evangeline, le valeureux arrière grand-père René, mais aussi la mystérieuse et cultivée Cordélia. En cours de route, d’autres personnages inénarrables surgissent, comme par exemple le très libéré Frère Saint Hilaire, ou l’affreux Carcajou, immortel zombie. Il s’agit donc d’un livre drôle et palpitant, foisonnant d’aventures, de personnages, et on se laisse emporter avec plaisir dans ce tourbillon d’action, légèrement teinté d’irrationnel – dans le décor grandiose d’une nature sauvage. Je vous recommande aussi la préface tout à fait pertinente de Brice Matthieussent, le traducteur de cet ouvrage – où il est question des Pieds Nickelés et des dieux mexicains !

Poursuivre la déambulation

A propos de Pieds Nickelés, on en voit surgir régulièrement dans les fictions, en littérature ou au cinéma. Ainsi, dans son film ‘La part des anges’, Ken Loach raconte l’histoire désopilante d’une bande de petits voyous qui cherchent à s’emparer eux aussi d’une cargaison de whisky…un film de Ken Loach qui fait rire, ce n’est pas si fréquent !
Encore une histoire de bras cassés, le roman ‘L’absolue perfection du crime’ de Tanguy Viel raconte comment une bande de malfrats un peu minables tente de braquer le casino du coin. L’affaire tourne mal, mais le lecteur, lui, se régale !

Extrait

« -Evangeline, s’écria mon père en nous enlaçant tous le sdeux, Wild Bill ici présent vient de me donner une autre idée de génie. Va chercher mon pinceau, Bill. Nous commençons une nouvelle affaire.
Cette fois nous installâmes des pancartes à tous les croisements du comté. « Visitez le gouffre de Bonhomme. Venez voir la Merveille Géologique souterraine. » Sous ce message, mon père peignit grossièrement quatre spectateurs aux yeux écarquillés qu’on descendait dans un seau au fond d’un trou. »

« La voiture à bras apparut sur le pont à chevalet. C’était Compton, qui pompait comme un fou.
Mon père s’allongea aussitôt sur le gravillon du talus. Il croisa les mains sur sa poitrine. Il portait toujours son surplis et les gants de mécanicien de Compton. Je n’avais jamais rien vu d’aussi ridicule. Notre situation avait beau être critique, je ne pus m’empêcher de rire.
La voiture à bras ralentit. Compton bondit sur le talus. « Où est-il ? s’écria-t-il. Où est ce salaud de nabot qui m’a piqué mon train ?  »

« Il y eut une énorme détonation. Je crus que tout le whisky entreposé dans la grange en feu venait d’exploser. Je levai la tête juste à temps pour voir la Packard se retourner dans le champ voisin; en même temps la voiture sembla se désintégrer. Roues et portières, caisses de whisky et pare-chocs volèrent tous azimuts, comme s’ils avaient décidé d’un commun accord de se faire la malle. Le restant de la voiture échoua sur un terrain marécageux et resta planté en l’air à un angle de quatre-vingts degrés environ. Seuls étaient intacts le châssis et le volant, auquel mon père s’accrochait fermement tout en nous faisant signe comme un aviateur triomphant. »

 

Une réflexion sur “Québec Bill Bonhomme***

  1. Pingback: Le poirier sauvage*** | Cornelia

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