Soyez comme les enfants *

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« Soyez comme les enfants » est un roman de l’écrivain russe Vladimir Charov, publié aux Editions Louison. Ce livre est un curieux kaléïdoscope d’histoires imbriquées les unes dans les autres, où l’on croise et recroise une cohorte de personnages hauts-en-couleur, chacun préoccupés de leur quête, en marge d’une société russe en plein bouleversement bolchevique.

L’histoire

Impossible d’amorcer ne serait-ce qu’un bref résumé de ce livre; sachez qu’il y est question d’Irina, devenue nymphomane après la mort de sa petite fille Sachenka, de Doussia, une ‘folle-en-Christ’ et de son fils Serioja, des derniers mois de la vie de Lénine, de la tribu des Enets évangélisés par un certain Peregoudov…est-ce parce que le narrateur est atteint d’épilepsie que les récits s’emboîtent et s’emboutissent les uns les autres, jusqu’au chaos ?

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants…si vous les trouvez !

Pourquoi le lire

Il est temps maintenant de vous le révéler: ce bouquin m’est tombé des mains, et j’ai failli l’abandonner à plusieurs reprises (mais j’ai tenu jusqu’au bout, car je suis une dure-à-cuire) ! Et pourtant, tous les ingrédients qui d’ordinaire m’émoustillent sont bien là : personnages marginaux, divagations entre fiction et réalité, humour savamment distillé, style agréable…Malgré tout cela, il m’a été impossible de m’intéresser à ces innombrables histoires, émaillées de référence à la religion, et dont le seul point commun est une ode aux enfants et aux simples d’esprit, symboles comme chacun sait de la pureté originelle – un thème déjà mille fois rebattu. Mon agacement est allé croissant, lorsque j’ai constaté qu’une relecture probablement erratique de l’ouvrage avant impression donne lieu à des oublis de mots, fautes d’orthographe et autres coquilles – peut-être comprendrez-vous alors mon exaspération au bout de presque 500 pages interminables. A moins qu’il ne faille diagnostiquer un symptôme d’épuisement chronique de la liseuse-blogueuse en fin de saison?!

Poursuivre la déambulation

Dans ce livre, l’enfance, mais aussi certaines formes de retard mental chez les adultes ou de démence sénile sont sanctifiées et présentées comme les ultimes talismans contre le mal. Or les enfants ne sont pas tous des anges: je suis donc allée chercher dans la littérature et le cinéma des exemples d’enfants terribles, qui sèment la panique, la terreur, et parfois la mort. On commence gentiment avec Abdallah, le sale gosse récurrent des albums de Tintin, ou encore, dans les classiques, l’incorrigible Sophie de la Comtesse de Ségur. Côté cinéma, il s’avère rapidement que les enfants du ‘Village des damnés’ de Jon Carpenter (1995) sont tout à fait terrifiants ; et que penser de Malony (Rod Paradot), le héros de ‘La tête haute’ d’Emmanuelle Bercot (2015), qui en fait voir de toutes les couleurs aux adultes déterminés à le sauver…La fiction littéraire n’est pas en reste, si l’on se remémore l’atmosphère vénéneuse du ‘Tour d’écrou’ d’Henry James, ou du ‘Jardin de ciment’ de Ian McEwan.

Extrait

« J’avoue que le récit qui va suivre contient beaucoup trop de lignes narratrices. Emmêlées, parcellaires, elles formaient un tel écheveau que j’ai mis bien longtemps à trouver le fil qu’il convenait de tirer.(…) Je n’étais pas moins désarçonné par le déroulement chaotique de l’histoire. »

« Elle explique qu’elle ne veut pas que nous souffrions : tant que nous sommes des enfants, nous sommes saints et purs, et tels nous devons rester. Ainsi qu’une gouvernante sévère, elle veille à ce que nos âmes restent vierges de la moindre tache et ne se lasse pas de répéter qu’il est plus facile de préserver sa pureté que de se débarrasser de la souillure, une fois qu’on est sali. »

« Aujourd’hui, alors que je rédige ces notes, il m’apparaît comme évident que nous ne pouvions le retrouver vivant, mais pour passer de la veste de carnaval au fait que Serioja n’était plus de ce monde, il fallait que s’écoule du temps. Ainsi, pendant quarante-huit heures, nous n’avons fait que parcourir l’île en tous sens. »

 

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