Memoria – James Nachtwey ***

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Depuis quarante ans, le photographe James Nachtwey est sur tous les fronts. Guerres, famines, épidémies, catastrophes naturelles…autant de fléaux qui emportent l’humanité dans la détresse, le désespoir et bien souvent la mort. Témoignages de l’indicible, de l’insupportable, les clichés de Nachtwey sont aussi, pour la plupart, d’une beauté bouleversante. La Maison Européenne de la Photographie en présente actuellement 200, une rétrospective intitulée ‘Memoria’, jusqu’à fin juillet.

L’histoire

L’exposition dessine une carte du monde des atrocités, qui démarre dans les années 80 au Salvador, et se termine en 2016 en Grèce. On passe ainsi de la guerre civile en ex-Yougoslavie, aux conflits en Tchétchénie, au Rwanda, en Irak, en Afghanistan. On verra aussi les corps mutilés, atrophiés, des victimes des maladies (sida, tuberculose), des drogues, de la pollution, de la famine. L’objectif de James Nachtwey fixe l’extrême misère et la vulnérabilité des hommes, femmes et enfants, pris au piège d’évènements qui les dépassent, et dont ils ne sont aucunement responsables.

Pourquoi le voir

Vous êtes prévenus : mieux vaut avoir un moral d’acier avant de s’aventurer dans cette exposition, qui est à éviter pour les personnes trop sensibles. Il faut pourtant trouver le courage d’affronter ces images souvent très violentes, pour effectuer mentalement ce nécessaire travail d’appropriation, et de mémoire, loin de l’agitation frénétique de l’actualité. Au-delà de l’horreur, la puissance des photographies repose aussi sur une maîtrise exceptionnelle de l’instant, du cadrage, de la lumière. Et c’est précisément cette dimension esthétique qui rend supportable l’insupportable.

Poursuivre la déambulation

Peut-être aurez-vous besoin, en sortant de Memoria, de vous rassurer sur la beauté du monde, d’entrer dans un univers idéaliste, poétique et optimiste. Pour cela, rendez-vous à la merveilleuse exposition ‘Freeing architecture’, de Junya Ishigami à la Fondation Cartier – prolongée jusqu’au 15 septembre !
Je vous signale aussi l’exposition Gilles Caron (‘Paris 1968’) à l’Hôtel de Ville de Paris, jusqu’à fin juillet, qui démarre avec des photos glamour des stars des années 60, avant de s’intéresser à l’insurrection de mai 68 à Paris, et qui se clôture sur des clichés pris en juillet 68 au Biafra – cette dernière partie relativisant brusquement le folklore de mai 68, et préfigurant les clichés de Nachtwey en Somalie et au Soudan, trente ans plus tard.

Extrait

 

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Une réflexion sur “Memoria – James Nachtwey ***

  1. Pingback: Les petites chaises rouges *** | Cornelia

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