Senses 1-2-3-4-5**

Senses - affiche

« Senses » de Ryusuke Hamaguchi est un film expérimental fleuve (5H17) qui dans sa version cinéma a été découpé en trois parties (1/2-3/4-5). Les quatre comédiennes, non-professionnelles, ont remporté un prix au festival de Locarno. On pourrait penser à un ‘Desperate Housewives’ nippon, puisqu’il est question d’une amitié entre quatre femmes.  Mais la comparaison s’arrête là, car on est à Kobe, et l’hystérie (individuelle ou collective) n’est pas de mise.

L’histoire

A Kobe au Japon, Akari, Fumi, Sakurako et Jun sont amies. Elles aiment partager ensemble de bons moments : elles participent à un atelier d’écoute corporelle, partent en excursion à Arima, où se trouvent des sources d’eau chaude. Elles ont pourtant des existences assez différentes : Akari est une infirmière divorcée, Fumi vit avec un éditeur et s’occupe d’un centre d’art, Sakurako est femme au foyer, mère d’un ado, et Jun est en plein divorce. Jun disparait sans prévenir, ses amies sont stupéfaites, mais la vie continue…

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

On a rarement l’occasion de s’interroger sur la réalité de la condition des femmes au Japon. Or beaucoup d’entre elles, à l’image de Sakurako, se retrouvent femmes au foyer, épouses d’un ‘salaryman’ débordé de travail. L’expérience de Jun le démontre, le divorce n’est pas une formalité aisée. Et la vie d’une femme divorcée comme Akari n’est pas rose non plus. Au Japon, les convenances doivent être respectées : ni cri, ni fou rire, ni porte qui claque, les paroles sont échangées calmement, ponctuées de hochements de tête. On ne plaisante pas avec les rapports hiérarchiques ou sociaux – et on n’en finit plus de s’excuser à la moindre bévue. Toutefois le film, malgré sa lenteur et une certaine gravité, n’est pas froid, car on ressent la réalité et la profondeur de l’amitié entre ces femmes. Je n’ai pas trouvé évidente l’attribution de chacun des sens (toucher – voir – entendre – sentir – goûter) aux différentes parties du film. La pratique corporelle, artistique ou le contact avec la nature sont des vecteurs pour se permettre de ressentir, pour laisser filtrer l’émotion et sortir peut-être du carcan d’une société extrêmement normative. Peu à peu, on verra ces femmes lâcher-prise, et se libérer. Comme vous pouvez le constater, on est loin, très loin de l’Empire des Sens !

Poursuivre la déambulation

Ryusuke Hamaguchi aime décidément les chiffres, puisque son film ‘Asako I & II’, variation sur le ‘Vertigo’ d’Hitchcock était en compétition à Cannes…mais malheureusement pas de date de sortie sur les écrans en France, à ma connaissance.
Si le cinéma japonais vous intéresse, je vous signale l’existence d’un coffret de 6 DVD regroupant 5 films d’Ozu, qui sont des merveilles de simplicité et de délicatesse surannée.
Si comme moi, vous vous épanouissez pleinement dans le zen à la japonaise, ne manquez pas la sublime expo ‘Freeing architecture’ à la fondation Cartier – souvenez-vous je vous en ai déjà parlé (ici !) ! Et pour parachever l’expérience, lisez ‘‘Au nord…au sud…à l’ouest…à l’est…’

Extrait

 

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