L’île aux chiens ***

ile aux chiens - affiche

Quatre ans après le génial ‘Grand Budapest Hotel’, « L’île aux chiens » marque le retour de Wes Anderson, qui a remporté pour ce film l’Ours d’argent du meilleur réalisateur à Berlin cette année. Récompense amplement méritée à mon avis, car l’utilisation du procédé d’animation de figurines nécessite une précision, une patience et une exigence absolues – un procédé ici parfaitement maîtrisé.

L’histoire

Au Japon, dans la ville de Megasaki, les chiens, porteurs d’une maladie (la ‘fièvre truffoïde’!), sont déclarés persona non grata. On les évacue en masse sur une île-poubelle, où, privés de nourriture, ils retournent à l’état sauvage et errent entre des tas de déchets. Or le jeune Akari veut absolument retrouver son chien, Spot; il emprunte donc un avion pour rejoindre l’île. Ce n’est que le début, mais vous verrez aussi (liste non exhaustive): un drone se faire égratigner le profil à la fronde, des chiens-robots très très méchants entraînés à détruire leurs frères canins en chair et en os, un combat de sumo, un chien avec une oreillette…

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher!

Pourquoi le voir

Comme souvent dans les films de Wes Anderson, on aime se laisser embarquer dans un univers original, esthétique et légèrement foldingue: là, le réalisateur se régale de détourner l’imagerie pop et traditionnelle jamonaise, il prend un malin plaisir à égarer le spectateur en laissant comprendre les chiens, mais pas les humains (sauf quelques passages traduits pour les besoins de la narration). Mine de rien, il dénonce l’exclusion sous toutes ses formes -sociale, raciale-, se livre à un plaidoyer pour l’écologie en montrant des montagnes de déchets et des ruines industrielles, montre la manipulation des esprits par les leaders politiques, les média. Très drôle au début, le film manque toutefois un peu de rythme sur la fin. J’ai vu la version française, servie par une brochette d’acteurs tous plus talentueux les uns que les autres. Quant à la musique d’Alexandre Desplat, elle est comme toujours remarquable – les tambours japonais rythmant le film du début à la fin.

Poursuivre la déambulation

Si vous ne les avez pas encore vus, courez découvrir les autres films de Wes Anderson, qui sont le plus souvent des petits bijoux de poésie et de créativité : ‘Moonrise Kingdom’, ‘A bord du Darjeeling Limited’, ‘La famille Tenenbaum’.
Il existe de nombreux films en animation de figurines ‘pâte à modeler’, vous connaissez déjà les ‘Wallace et Gromit’ et autres ‘Shaun le mouton’. Mais cette technique a servi aussi à exprimer l’inexprimable, en rendant visible des images qui sinon seraient insoutenables : c’est le cas du magnifique film de Rithy Panh, ‘L’image manquante’, qui évoque ses souvenirs des atrocités commises au Cambodge par les Khmers Rouges.

Extrait

 

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Une réflexion sur “L’île aux chiens ***

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