Un mois à la campagne ***

Mois campagne-affiche

« Un mois à la campagne » est une pièce de Tourgueniev qui se joue au théâtre Déjazet, jusqu’au 28 avril. Il semble insensé aujourd’hui d’imaginer que Tourgueniev a dû remanier cette pièce écrite en 1850 pour obtenir l’autorisation de la censure et la publier finalement en 1869 : est-ce parce que la différence et l’imperméabilité entre classes sociales y sont soulignées ? Ou bien parce que les femmes s’émancipent et font perdre la tête à tous les hommes autour d’elles ?!

L’histoire

A la campagne, l’été, on s’ennuie ferme. Natalia Petrovna, la mère, s’irrite contre Rakitine, son ami, son confident (son amant ?); elle est sensible aux charmes d’un nouvel arrivant, Beliaev, venu s’occuper des enfants : Kolia, son fils et Véra, sa pupille. Lorsqu’elle comprend que Véra est tombée elle aussi amoureuse de Beliaev, elle est prise dans un tourbillon de sentiments contradictoires qui vient perturber l’indolence générale.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, rien ne sert de…divulgâcher !

Pourquoi le voir

D’emblée, on est plongé dans un univers délicat et un peu futile, qui va progressivement se fissurer. Les décors et les costumes raffinés, dans des tons clairs, évoquent l’atmosphère éthérée d’un été sans nuage. J’ai adoré retrouver Anouk Grinberg, qui interprète Natalia et joue avec virtuosité les brusques variations de sentiments de l’héroïne – même si le début de la pièce est joué de façon un peu trop rapide et mécanique à mon goût. Micha Lescot (Rakitine) et India Hair (Véra) sont excellents. C’est une pièce assez drôle, avec des répliques qui fusent et un enchaînement rapide des situations. Elle présente un tableau bien connu de la condition féminine au XIXème siècle, mais dans ce contexte, les femmes malgré tout mènent la danse, et s’affirment, à l’image de la transformation spectaculaire de la timide Véra en jeune femme déterminée.

Poursuivre la déambulation

Assister à une jolie représentation au théâtre donne forcément envie d’y retourner, mais aussi réveille le souvenir d’autres grandes émotions, pour des pièces dont le thème est proche de celle-ci : ainsi j’avais adoré ‘Mademoiselle Julie’ de Strinberg, avec Juliette Binoche, qui raconte précisément l’histoire d’une femme aisée qui s’amuse à séduire son domestique, avant de succomber à son pouvoir ; je repense aussi à ‘La dame de la mer’ d’Ibsen (vu avec Jacques Weber et Anne Brochet), qui évoque l’ennui d’une femme mariée à un homme bien plus âgé quelle, obsédée par le souvenir d’un amour perdu…c’est alors que réapparaît l’ancien amant.
Enfin, l’excellente prestation de Micha Lescot me renvoie à une pièce vue et chroniquée récemment, ‘Bella Figura’, où il donnait la réplique à Emmanuelle Devos.

Extrait

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