La forme de l’eau **

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Les pronostics étaient justes, et ce sont finalement 4 Oscar qui ont été attribués à ‘La forme de l’eau’ de Guillermo Del Toro, avec Sally Hawkins et Michael Shannon. Permettez-moi de tempérer un peu l’enthousiasme général, car j’ai été vraiment déçue par ce film, qu’on nous annonçait dans la même veine que les ‘Caro et Jeunet’, mais qui pêche par un manque flagrant de second degré.

L’histoire

Aux Etats-Unis dans les années 50, Elisa est une jeune femme muette, à la vie bien réglée, qui travaille avec sa collègue Zelda en tant que femme de ménage dans un centre de recherche militaire . Un mystérieux monstre aquatique y est retenu prisonnier, en proie à la cruauté du vilain Strickland, qui rêve de l’envoyer dans l’espace, en réponse à la mise en orbite par les soviétiques de la chienne Laïka. Mais les espions russes veillent, et cherchent à s’emparer de la précieuse créature. Elisa, quant à elle, est attirée par la bête, avec laquelle elle semble pouvoir communiquer, par-delà les mots.

Pourquoi le voir

L’esthétique du film est particulièrement soignée, et spectaculaire ; l’appartement d’Elisa, situé au-dessus d’un vieux cinéma, les décors du laboratoire, les scènes sous-marines sont d’une très grande beauté, et la musique d’Alexandre Desplat vient sublimer ces images. Il est assez évident que le film se veut un hommage au cinéma de genre; mais malheureusement, le scénario reste sans surprise, et l’émotion peine à s’installer, tant les situations semblent convenues. Certes, Sally Hawkins exprime une grâce fragile qui la rend touchante; mais le choix de la combi écailles scintillantes/doigts palmés/yeux globuleux pour la bête m’a paru grotesque et difficilement compatible avec des ébats amoureux! Quant au malheureux Strickland (Michael Shannon), s’il perd deux doigts dans l’aventure, il garde tout au long du film le masque figé du méchant vraiment très très méchant, raciste, sexiste, et tutti quanti – tout cela pour une démonstration lourdingue sur l’acceptation des différences, quelles qu’elles soient. On a connu plus subtil.

Poursuivre la déambulation

Après ce gros moment de frustration, je m’en vais ressortir mes DVD de Caro et Jeunet, ‘Delicatessen’ et ‘ La cité des enfants perdus’ pour en savourer l’esthétique et l’humour, en espérant qu’ils se seront bonifiés avec l’âge ; pour les fans, je signale une expo ‘Caro/Jeunet’, en-cours à la Halle St Pierre à Paris jusqu’au 31 juillet.

Extrait

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