Moi, Tonya***

Moi,Tonya-affiche

Ce film, réalisé par Craig Gillespie, retrace la vie de Tonya Harding, patineuse américaine, qui a été accusée d’avoir fomenté une agression contre sa concurrente Nancy Kerrigan, à quelques mois des jeux olympiques de Lillehammer. Cet évènement a été largement médiatisé à l’époque; finalement Nancy Kerrigan a tout de même remporté l’argent aux JO, tandis que Tonya, gênée par un problème de lacet, a fini 8ème.

L’histoire

Tonya est issue d’un milieu extrêmement modeste, élevée par une mère intransigeante,  possessive et franchement antipathique. Elle sera ensuite victime de violences conjugales. Et pourtant, grâce à ses aptitudes physiques et à un entraînement soutenu, elle parvient au plus haut niveau; elle est ainsi la première à exécuter un triple axel. Mais son look un peu vulgaire et son tempérament volcanique, qui trahissent ses origines sociales, commencent à devenir un obstacle : malgré ses prouesses techniques, Tonya ne plaît pas aux juges.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

‘Moi, Tonya’ est en fait un biopic, construit sur une alternance de témoignages (postérieurs à l’affaire Kerrigan), et de flash-backs. Tonya, sa mère, son mari, son ‘garde du corps’, sa coach, et un journaliste donnent chacun leur version de l’histoire, face caméra, et cette galerie de personnages hauts-en-couleurs nous plonge directement au cœur d’une Amérique aux antipodes du glamour dont se pare habituellement le patinage artistique. Des accès de violence physique et verbale martèlent à coups réguliers l’ensemble du scénario. Et si l’on rit beaucoup cependant, c’est que le niveau de bêtise ambiante atteint des sommets. C’est donc un film assez dur, féroce, dont Tonya sort plutôt grandie ; malgré ‘l’incident’ Kerrigan, qui marquera d’ailleurs la fin de sa carrière de patineuse, malgré ses fréquents dérapages tabagiques et alimentaires, on ne peut qu’admirer la performance d’une jeune femme qui est parvenue à un tel niveau, en partant avec le handicap d’une enfance difficile dans un milieu très défavorisé. Margot Robbie, révélée dans le ‘Loup de Wall Street’, interprète Tonya avec maestria, elle est d’ailleurs nommée aux Oscars pour ce rôle. J’ai par ailleurs beaucoup aimé cette atmosphère ‘années 80’, que l’on retrouve dans le grain des images, le choix des couleurs, des costumes et des musiques (Dire Straits et Supertramp, on en redemande !).

Poursuivre la déambulation

Parmi les innombrables chefs d’œuvre de Joyce carol Oates, ‘Petite sœur, mon amour’ raconte l’histoire poignante d’une petite fille championne de patinage, dont le destin tragique est narré par son frère. On y retrouve bien des points communs avec ‘Moi, Tonya’. Je vous recommande aussi la lecture du roman de Lola Laffont sur Nadia Comaneci, ‘La petite communiste qui ne souriait jamais’, où l’on voit se mettre en place des mécanismes similaires, dans un contexte (la Roumanie sous Ceaucescu) pourtant bien différent.

Extrait

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