Peintures des lointains **

Peintures des lointains-affiche

Actuellement et jusqu’à début 2019, le Musée du Quai Branly expose une série de toiles représentant les ‘Lointains’ , 221 portraits et paysages venus d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Amérique, réalisés par des artistes occidentaux, principalement entre 1830 et 1930. En équilibre entre œuvres de propagande pour la colonisation, à visée ethnographique, ou  adoptant un parti-pris résolument esthétique (au mépris parfois du réalisme), ces peintures sont des témoignages d’une certaine vision de ‘l’ailleurs’, de l’exotisme, qui a fortement nourri l’imaginaire des artistes de cette époque.

L’histoire

En 1900, la France domine un empire de 12 millions de kilomètres carrés, 22 fois la superficie de la métropole ; nombreux sont les peintres qui embarquent à destination du bout du monde, pour ramener des représentations de l’Outre-Mer. La société des peintres orientalistes français est créée en 1895 ; et c’est en 1931 qu’a lieu l’exposition coloniale internationale de Paris, au bois de Vincennes, qui coïncide avec l’ouverture, Porte Dorée, du musée permanent des Colonies. Plusieurs fois rebaptisé, ce lieu accueille aujourd’hui le Musée de l’histoire de l’immigration.

Pourquoi le voir

L’exposition propose une très grande diversité d’œuvres, de peintres, de destinations. On y voit bien entendu des représentations archétypales de l’exotisme (foules bigarrées, paysages enchanteurs), mais elle dévoile aussi de nombreuses œuvres surprenantes, comme les tableaux oniriques de Marcel Mouillot (‘Site du volcan à la Réunion’), les somptueux panneaux laqués de Jean Dunand (‘Elephant’), ou les peintures chatoyantes de Willy Worms (‘Ambohimanga’). J’ai été étonnée également de découvrir toute une section consacrée à l’influence du roman ‘Paul et Virginie’ de Bernardin de Saint-Pierre. Enfin, j’ai retrouvé avec plaisir quelques œuvres de Gauguin (auquel le Grand Palais avait consacré une magnifique expo fin 2017), des portraits d’amérindiens par George Catlin, et des aquarelles de Paul Jacoulet. Saluons au passage le musée du Quai Branly qui avec cette exposition s’attaque à un sujet hyper-sensible de nos jours, et le traite avec une grande sobriété, et les précautions d’usage. Le parti-pris de regrouper les œuvres par thématique est un peu perturbant, car on est pris de vertige à force de sauter d’un continent à l’autre, d’un univers à l’autre. Peut-être aurait-il fallu s’en tenir à une approche plus homogène, tout simplement par zone géographique.

Poursuivre la déambulation

Afin d’élargir encore le spectre de vos connaissances sur ce sujet, je vous conseille vivement le superbe livre ‘De Delacroix à Kandinsky, l’orientalisme en Europe’, paru chez Hazan en 2010. Côté fiction, le roman ‘Bison’ de Patrick Grainville, qui évoque le séjour de Catlin chez les Sioux est un pur plaisir de lecture. Enfin, vous pouvez retrouver  ici ma chronique à propos de l’exposition Gauguin.

Extrait

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