Mer agitée ***

Mer agitee

Embarquez sur la « Mer agitée » de Christine Desrousseaux et vous vous retrouverez dans une presqu’île isolée, en compagnie d’un vieil homme un peu taciturne. Vous pourrez croire alors que vous êtes exposé à tous les vents mais au moins à l’abri des tourments du Monde, et de l’Histoire. Détrompez-vous !

L’histoire

Jean est un retraité qui tous les matins (ou presque) va se baigner dans l’eau (de plus en plus) froide de la mer. Depuis peu, son petit-fils, Léo, habite chez lui : il a combattu en Afghanistan et semble traumatisé par des cauchemars récurrents. Or une jeune fille du village est retrouvée violée et assassinée. Tous les habitants se mettent bientôt à suspecter Léo, mais Jean ne peut se résoudre à accepter cette hypothèse, il est déterminé à connaître la vérité, au risque de devenir lui aussi un paria au sein de la petite communauté.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Ce livre est inclassable, car il repose en réalité sur trois ressorts distincts qui s’entremêlent et lui confèrent sa singularité : d’une part une description très évocatrice, poétique et chaque fois différente des paysages marins et des baignades quotidiennes du vieil homme, d’autre part une trame ‘policière’ avec meurtre, suspect, police, avocat, et enfin une histoire de filiation, de blessures intimes, de rédemption tardive, qui explique les choix et le comportement de Léo. Voici donc un roman dense, intense, prenant, écrit dans une langue simple et efficace ; le journal de Jean occupe la majeure partie du récit, ce qui permet de suivre au plus près l’évolution psychologique du personnage, et surtout de ressentir presque physiquement l’impression de délivrance procurée par ses immersions dans cette ‘mer agitée’.

Poursuivre la déambulation

J’ai retrouvé dans ma bibliothèque un livre ‘homonyme’ paru en 2002, intitulé ‘Mère agitée’ – il s’agit du premier roman de Nathalie Azoulay, qui devait ensuite remporter le prix Médicis en 2015. Il s’agit de courtes vignettes illustrant les sentiments contradictoires d’une mère, ce qui rappelle évidemment certains passages de ‘Mer agitée’. Pour celles et ceux qui apprécient les romans noirs océaniques imprégnés d’embruns, je recommande aussi vivement les livres de Tanguy Viel, en particulier ‘Article 353 du code pénal’, ou encore ‘Paris-Brest’ et ‘L’absolue perfection du crime’.

Rencontre avec l’auteur

J’ai fait la connaissance de Christine Desrousseaux lors de la remise du Prix des lecteurs Gallimard. Et voici sa dédicace :

EPSON MFP image

Extrait

« 12 octobre
Le jour peine à se lever. Le ciel est gris avec des masses violacées qui plongent dans la mer. Le contraste fait paraître l’eau plus verte, d’un vert pâle de lac artificiel. Je ne sais pas ce qui produit ce même effet d’oubli à chaque baignade : l’eau glacée, le paysage mouvant, le ciel qui touche l’horizon, les mouvements synchronisés de la nage, la respiration qui s’amplifie ? Quand je me baigne, aucune pensée parasite ne vient me hanter. Je suis dans le pur présent. »

« 17 novembre
Pluie ininterrompue, pas de baignade, coupure d’électricité qui m’a privé d’un concert que j’attendais à la radio. Certains jours ne méritent pas une phrase. »

3 réflexions sur “Mer agitée ***

  1. Pingback: Magda*** | Cornelia

  2. Pingback: 1 an déjà, HAPPY BIRTHDAY Cornelia ! | Cornelia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s