Kafka sur le rivage ****

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Ce roman de Haruki Murakami est une petite merveille, mêlant poésie et surnaturel, avec une élégance et une délicatesse ô combien japonaises. Le héros, prénommé Kafka, nous entraîne dans une quête initiatique, durant laquelle il rencontre toutes sortes de personnages originaux et attachants…Laissez-vous emporter à sa suite, et doucement voguer vers la grâce et le merveilleux.

L’histoire

Deux chemins se déroulent en parallèle, jusqu’à, bien sûr, se croiser et converger: tout d’abord celui de Kafka Tamura, adolescent en fugue, qui trouve refuge dans une étrange bibliothèque, auprès de Saeki, une femme à l’identité mystérieuse; et puis celui de Nakata, vieil homme un peu simplet qui a le don de parler aux chats, et trouve bienveillance, soutien et écoute auprès de Hoshino, un chauffeur routier.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Derrière ce récit simple en apparence, se cache en réalité une structure complexe ; on assiste bel et bien à l’odyssée d’un jeune homme, marqué par son destin comme un héros grec. Ainsi, le roman s’épanouit pour atteindre à son épilogue une dimension universelle et philosophique. J’ai apprécié cet univers poétique, parfois farfelu, ou à l’inverse angoissant, dans lequel les frontières entre rêve et réalité ne sont pas bien définies. Tous les personnages nous touchent par leur sincérité et leur singularité. Ce roman est la parfaite synthèse de ce qui fait la beauté et l’originalité de l’œuvre de Murakami.

Poursuivre la déambulation

Haruki Murakami est l’un des auteurs japonais contemporains les plus lus au Monde, et pressenti pour le prix Nobel depuis plusieurs années ; j’ai énormément aimé son roman « 1Q84 », qui dépeint un univers parallèle doté de deux lunes, et célèbre, dans une véritable valse spatio-temporelle, les amours de Tengo et Aomame.
Je voudrais citer aussi la première des deux novellas du recueil ‘Tempête’ de J.M.G. Le Clézio, qui raconte la rencontre entre un homme d’âge mûr et une toute jeune fille, au Japon, et dont le très beau style, épuré et poétique, m’a émue. Là aussi, on ressent en fin de récit la dimension intemporelle du texte.

Extrait

« Ecoute-moi bien, Kafka Tamura, le sentiment que tu éprouves actuellement a fait l’objet de nombreuses tragédies grecques. Ce ne sont pas les humains qui choisissent leur destin, amis le destin qui choisit les humains. Voilà la vision du monde essentielle de la tragédie grecque. (…) Ce ne sont pas leurs défauts, mais leurs vertus qui entraînent les humains vers les plus grandes tragédies. (…) Il naît de ce genre de situation une ironie inévitable.(…) Mais l’ironie donne de la profondeur aux humains, et de la grandeur. Elle leur offre le salut, un salut d’un niveau supérieur, et une sorte d’espérance universelle. »

2 réflexions sur “Kafka sur le rivage ****

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