Beau doublé, Monsieur le Marquis ! ***

Sophie-Calle-affiche.jpg

Géniale idée du Musée de la Chasse et de la Nature, qui a convié Sophie Calle, qui elle-même a invité Serena Carone, à ‘investir’ les lieux, nous conviant ainsi à une ‘re-découverte’ de ces espaces, qui prend rapidement l’allure d’un jeu de piste, ou plutôt d’une traque esthétique, poétique et bien souvent humoristique!

L’histoire

Depuis de nombreuses années, Sophie Calle fait de sa vie et de ses expériences la matière de sa création artistique. A cet égard, le thème de la chasse lui est familier, puisqu’elle a, dans le cadre de son travail, été chasseuse, en suivant à son insu un inconnu, avant de se transformer en proie, se faisant suivre elle-même par un détective. Sophie Calle mêle écriture, photographie, vidéo; ses œuvres et celles de la plasticienne Serena Carone entrent parfaitement en résonance et se fondent naturellement dans le parcours du musée, à tel point qu’on ne sait plus très bien parfois distinguer les pièces permanentes, de celles, temporaires, de l’exposition.

Pourquoi le voir

Je vous recommande de démarrer la visite par le rez-de-chaussée, où l’artiste rend un hommage très émouvant à son père disparu en 2015, mais aussi à son chat (baptisé Souris), mort à l’âge de 17 ans;  Serena Carone est bien présente aussi, avec une œuvre d’envergure intitulée ‘Deuil pour deuil’. L’exploration du premier étage vous plongera entièrement dans l’univers de la chasse, évoqué dans chacun des ‘cabinets’ et ‘salons’ du musée; vous pourrez ainsi terminer sur des éclats de rire au second étage, en découvrant ‘Le Chasseur français’, une suite de petites annonces matrimoniales parues dans ledit canard entre 1895 et 2010, et qui en disent long sur l’évolution de notre société ! J’ai beaucoup aimé cette exposition, où l’on passe des larmes au rire en se laissant guider par les textes, les sons, les objets, et où l’art contemporain vient se nicher au cœur des collections permanentes, et parmi les animaux empaillés.

Poursuivre la déambulation

C’est l’occasion pour moi d’aborder une question qui me titille depuis un moment : pourquoi cette fascination actuelle des artistes pour le cerf ?! On l’a vu dans les rêves des personnages du film ‘Corps et âme’, il est revenu hanter Jean Deichel, le héros du roman de Yannick Haenel, ‘Tiens ferme ta couronne’, sans oublier qu’il s’est immiscé dans le titre même du film « Mise à mort du cerf sacré ». Et c’est ainsi que j’ai trouvé un texte de Pierre Moinot en préface à une anthologie du cerf  :
 » Voici donc l’animal porteur d’une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale. Et d’abord ses bois, par lesquels la nature fait signe : ces deux perches hérissées d’andouillers, façonnées de perlures, rainures, empaumures aux épois aigus, cette ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec, chaque année les refait pour donner la preuve visible que tout renait, que tout reprend vie ; par la chute et la repousse de ces os branchus qui croissent avec une rapidité végétale, la nature affirme que sa force intense n’est qu’une perpétuelle résurrection, que tout doit mourir en elle et que pourtant rien ne peut cesser. »

Extrait

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s