Les deux frères et les lions **

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« Les deux frères et les lions », pièce de et avec Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, se joue au théâtre de Poche Montparnasse jusqu’à fin novembre 2017, après avoir tourné dans toute la France depuis 2013. C’est une pièce de commande, sur l’initiative de Mona Guichard, directrice du Trident-scène nationale de Cherbourg, dont le projet était de faire connaître le ‘droit normand’. L’auteur a réalisé des recherches, s’est rendu sur place et a finalement mis la main sur une perle : cette histoire est bel et bien inspirée de faits réels !

L’histoire

Deux frères jumeaux, issus d’une famille écossaise très pauvre, ont l’idée de proposer un système d’abonnement pour le ‘Daily Telegraph’, journal qu’ils vendent à la criée. Refoulés à l’entrée du siège social du quotidien à Londres, malgré la faim et le froid, ils ne se laissent pas décourager. C’est le début d’une ascension sociale fulgurante, qui les mènera quelques dizaines d’années plus tard à la tête d’un empire financier gigantesque.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

Si vous maîtrisez l’art du ‘trou normand’, il est temps de passer à l’étude du ‘droit normand’, qui a été en vigueur dans les îles anglo-normandes depuis le Xème siècle… jusqu’en 2009. Rassurez-vous, vous ne vous ennuierez pas une seconde : la pièce est courte (1h), enlevée, dynamique. La mise en scène alterne les scènes de flash-back, avec le support d’une vidéo en arrière-plan, et le présent. Tour à tour drôles puis glaçants, les deux frères ont une revanche à prendre sur leur jeunesse misérable. Devenus richissimes, tels des enfants gâtés, ils sont prêts tout pour arriver à leurs fins, y compris à faire amender la loi (en l’occurrence une loi séculaire et sexiste, et les voilà qui se positionnent en défenseurs des droits des femmes! ). Les spectateurs sont pris à témoin, invités à participer, débattre; le théâtre de Poche, qui porte bien son nom, est l’espace idéal pour instaurer ce dialogue.

Poursuivre la déambulation

Les caprices des riches ont toujours de quoi faire sourire (ou s’étrangler de colère) le commun des mortels. Actuellement, la mode est plutôt à la quête de l’immortalité, comme en témoignent de nombreux articles dans la presse, mais aussi Yuval Noah Harari dans son dernier livre « Homo Deus » , ou encore au rayon fiction, « Zero K » de Don DeLillo. Ce dernier avait déjà en 2003 brillamment dépeint les états d’âme d’un millionnaire coincé malgré lui dans sa limousine, dans « Cosmopolis » – adapté au cinéma en 2012 par David Cronenberg, avec Robert Pattinson.

Extrait

Abécédaire du droit normand :

« O comme obéissance : L’obéissance est l’apanage des femmes en Normandie qui, lorsque leur condition n’est pas tout à fait malheureuse, doivent supporter avec patience des maux médiocres. »
« P comme Père : ‘Un mari et rien de plus ! ‘ dit la Coutume. Les filles ne peuvent exiger de leur père qu’un chapel de roses. Les pères en sont jamais tenus de doter leurs filles pour ne pas diminuer le patrimoine qui doit revenir aux seuls mâles. »

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