Aristonomia***

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« Aristonomia » de Boris Akounine chez Louison Editions est une curieuse et intense expérience de lecture: le roman alterne ‘extraits de l’album de famille’ et ‘extraits du cahier à petit carreaux’, mêlant ainsi une histoire pleine de rebondissements sur fond de Révolution russe, avec des considérations philosophiques visant à définir ce qu’est ‘l’aristonomie’.

L’histoire

A la mort de ses parents, Anton Kloboukov est pris sous sa protection par Berdychev, un vieil ami de son père, qui tente de s’opposer à la vague ‘rouge’ déferlant sur la Russie. Il sera sténographe, vigile de nuit, prisonnier, anesthésiste, au cours d’un long périple, de Saint Pétersbourg à la Pologne, en passant par Zürich et Sébastopol. Il croise à plusieurs reprises Bliakhine, sorte d’alter ego engagé dans le camp bolchevique. Emporté dans la tourmente des événements, lui faudra-t-il trahir ceux qui lui ont sauvé la vie ?

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Le format du livre peut sembler un peu intimidant, mais j’ai été très rapidement plongée dans cette histoire haletante, racontée dans un style toutefois très classique. Les débuts des chapitres ‘album de famille’ sont illustrés par une photographie, dont on retrouve le contexte dans le récit, Aboukine prend plaisir à titiller la curiosité du lecteur! Les chapitres ‘cahier à petits carreaux’ sont généralement courts, un peu plus ardus mais présentés de façon originale et accessible. « Aristonomia » se lit (presque) d’une traite: questions existentielles, intrigues et suspense m’ont tenue en haleine jusqu’à la dernière page !

Poursuivre la déambulation

Avec ce livre, Boris Akounine, connu pour ses romans policiers, se place dans la tradition des grands romanciers russes, on pense à Dostoïevski ou Tolstoï .  Les personnages du prince Mychkine dans ‘l’Idiot’ et de Bezoukhov dans ‘Guerre et Paix’ sont d’ailleurs cités en exemple pour étayer la démonstration des critères de l’aristonomie.
La Révolution d’Octobre est aussi en toile de fond du célèbre « Docteur Jivago » de Boris Pasternak, inoubliable histoire d’amour et peinture d’une Russie aux prises avec les tourments de l’Histoire.

Extrait

« Le sort de chacun se décidait quelque part, on ne savait où, ni par qui, ni sur quels critères, et cela conférait une dimension mystique à l’horreur.  »

« La plupart des actions humaines, y compris les plus rebutantes, s’expliquent par la conviction tenace que la vie est d’une valeur inestimable et que la mort – ta mort – est un événement d’une énorme importance. Gravissime erreur. La nature et le monde environnant nous prouvent chaque jour que la vie et la mort sont de la rigolade et qu’elles ne valent guère plus qu’une poignée de kopecks. »

« En temps de guerre, par principe, on ne saurait se passer de la peine de mort. Moins par esprit de représailles qu’à titre de prévention. La peur du poteau dissuade les soldats du maraudage, et les complices cachés des rouges se gardent de passer ouvertement à l’action. »

 

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