Eleanor Oliphant va très bien **

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Le premier roman de Gail Honeyman, « Eleanor Oliphant va très bien », a connu un succès foudroyant Outre-Manche, et sera bientôt traduit dans 27 langues . D’abord intrigué par ce drôle de patronyme (Oliphant) , on se doute qu’elle ne va pas si bien que ça : c’est tout l’enjeu de ce roman agréable et fluide, facile à lire, mais surtout pas futile. Et d’ailleurs, pourquoi y a-t-il en couverture des allumettes consumées qui forment une maison ?

L’histoire

Eleanor Oliphant est la narratrice de cette histoire, on embarque donc en caméra hyper-subjective pour découvrir sa vie, admirablement sous contrôle, entre son emploi de comptable chez Bob, ses cuites en solitaire à la vodka le week-end, et ses coups de fil hebdomadaires à Maman. Cette merveilleuse mécanique s’enraye bêtement lorsqu’Eleanor s’entiche d’un chanteur de rock et décide qu’il est nécessaire d’améliorer son look. Et puis son collègue Raymond semble s’intéresser à elle; par convenance, parce qu’elle est bien élevée, Eleanor accepte ses invitations…

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Le petit résumé qui précède pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une bluette à l’eau de rose ! Mais avant de la juger, laissez Eleanor vous raconter son histoire, drôle et poignante, de bout en bout. On ne peut que s’attacher à ce personnage plein de contradictions, qui a choisi la solitude en armure contre les vicissitudes de l’existence. Eleanor n’est ni visible, ni vue, ni likée, ni connectée, elle accepte juste d’ouvrir un tout petit peu la porte de son coffre-fort intérieur, et tombe, par chance, sur des gens ‘bien’.
C’est un feel-good bouquin !

Poursuivre la déambulation

Je ne peux m’empêcher de rapprocher Eleanor du personnage de « Je m’appelle Nathan Lucius », roman chroniqué ici il y a quelques temps, et qui repose sur le même principe : un témoignage apparemment anodin d’une personne dont l’existence bien réglée cache en fait de sérieux troubles psychologiques.
Eleanor m’a aussi rappelé une autre héroïne ‘invisible’ aux yeux de tous et pourtant tellement touchante : Audrey (Anaïs Demoustier) dans « Bird People » de Pascale Ferran,  sorti en 2014. Comme Audrey, Eleanor ose prendre son envol, et sa grâce singulière intrigue et ravit ceux qui la croisent.

Extrait

« Je ne comprends pas pourquoi la légalisation de votre relation affective devrait obliger vos amis, parents et collègues à surclasser le contenu de vos placards de cuisine. »

« J’avais l’impression d’être un œuf pondu depuis peu, flasque et gluant à l’intérieur, et si fragile que la moindre pression risquait de me briser. »

« Mais, à force d’observer les gens depuis mon banc de touche, j’avais fini par comprendre que le succès en société dépendait souvent de la capacité à faire semblant. Les personnes populaires devaient savoir rire de choses qu’elles ne trouvaient pas très drôles, et faire ce qu’elles n’avaient pas envie de faire avec des gens qu’elles n’appréciaient pas plus que ça. Moi pas. Il y avait longtemps, j’avais décidé que si je devais choisir entre ça et mener ma barque en solo, alors je mènerais ma barque en solo. C’était plus sûr. »

 

Une réflexion sur “Eleanor Oliphant va très bien **

  1. Pingback: Corps et âme *** | Cornelia

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