Liu Bolin ***

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La Maison Européenne de la Photographie présente, jusqu’au 29 octobre, une exposition de l’artiste chinois Liu Bolin. Les photographies présentées sont magnifiques, et la démarche de l’artiste vraiment intéressante, et accessible à tous les publics. Il a d’ailleurs acquis une notoriété internationale en une dizaine d’années.

L’histoire

Suite à la destruction de son atelier en 2005, Liu Bolin a voulu figurer sa détresse ainsi : « J’ai décidé de me fondre dans l’environnement. Certains diront que je disparais dans le paysage ; je dirais pour ma part que c’est l’environnement qui s’empare de moi. » Il se met en scène, portant des vêtements peints aux couleurs de ‘l’arrière-plan’ par ses assistants. Il réalise toutes ses photos selon le même principe, et utilise ce subterfuge pour dénoncer la censure, ou la société de consommation. A la fin de la visite, je me suis donc posé la question : va-t-il poursuivre ainsi son travail avec cette méthode, ou va-t-il chercher à innover, et dans ce cas, quand, et comment ?!

Pourquoi le voir

Les photos, de large format, aux couleurs éclatantes, ont beaucoup d’impact. Malgré leur taille imposante, on a parfois du mal à identifier la silhouette de l’artiste, tant le camouflage est réussi. L’expérience est d’ailleurs assez ludique, on a parfois l’impression de jouer à ‘Où est Charlie’, et d’ailleurs, le voici, Charlie : à ma grande surprise, et cela m’a beaucoup émue, l’artiste s’est fait photographier devant un mur recouvert de ‘Une’ de Charlie Hebdo. J’ai été frappée aussi par le cliché pris au milieu des carcasses, qui m’a ramenée brutalement au débat actuel sur la consommation de viande et le traitement des animaux lors de leur abattage. En visitant l’exposition, chacun d’entre vous pourra ainsi interpréter les clichés et en saisir le message, au-delà de leur esthétique.

Poursuivre la déambulation

Il a beau chercher à disparaître, on le retrouve en ce moment partout dans Paris ! Partez sur ses traces et retrouvez d’autres œuvres de Liu Bolin à la galerie Paris Beijing, rue de Turbigo à Paris, jusqu’à fin octobre, ou encore à la Galerie Party du Centre Pompidou, jusqu’à début janvier. En faisant des recherches pour cette chronique, il m’est apparu qu’à l’exception d’Ai Weiwei, dont les photos et vidéos avaient été montrées au musée du Jeu de Paume en 2012, l’art contemporain chinois est finalement peu exposé en France; après la rétrospective sur la photographie japonaise cet été, ce pourrait être un idée pour une future exposition à la MEP ?!
Maintenant, si vous aimez les photographes qui jouent à cache-cache, découvrez le travail de Rip Hopkins, qui lui aussi se met dans scène dans 150 photographies, prises à l’occasion du 150ème anniversaire du Canada. Le projet s’intitule : Canada Canada !

 

Extrait

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