Une famille syrienne ***

une famille syrienne affiche

Ce film de Philippe Van Leeuw nous présente le quotidien d’une famille prise au piège par la guerre dans un appartement bourgeois; le titre original est « Insyriated » en anglais, qui traduit bien cet enfermement, un mot dont on ne conservera en définitive que le début : enfer.

L’histoire

On entend le fracas des bombes et le crépitement des mitraillettes , les rideaux sont tirés. Oum Yazan habite là avec son beau-père, ses enfants, une domestique et aussi un couple de voisins venus se réfugier avec leur bébé: un matin, le mari part et se fait abattre par un sniper. Oum le sait mais décide de garder le silence et la porte barricadée : sortir, c’est mourir aussi. Dès lors on voit se dérouler la journée, avec ses toutes petits joies, ses actes quotidiens mais surtout la peur, en permanence, et le recours ultime et dérisoire d’aller se réfugier dans la cuisine, à la moindre alerte. Mais y sont-ils vraiment à l’abri du danger ?

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

C’est un film brut et sans artifice, au cœur duquel on est immédiatement happé. La tension monte inexorablement, l’angoisse du spectateur et son empathie pour les personnages progressent simultanément. Car en effet les personnages sont magnifiques, à commencer par Oum (Hiam Abbass), une femme déterminée, solide, courageuse, figure de proue d’un navire en pleine tempête. Si certaines scènes sont très dures, d’autres en revanche nous touchent par leur simplicité, leur beauté : le grand-père qui médite devant sa bibliothèque, la mère épuisée qui s’endort sur la table du salon. Une fois de plus, la fiction permet de porter fortement un message, là où un documentaire peut-être échouerait, en imposant des images insoutenables.

Poursuivre la déambulation

En sortant de la projection, j’ai repensé au film bouleversant d’Atiq Rahimi, « Syngué Sabour, pierre de patience », qui dresse aussi le portrait d’une femme forte (sublime Golshifteh Farahani), plongée dans la guerre civile. Un tout petit peu plus léger, « Et maintenant on va où ? » de Nadine Labaki, sorti en 2011, montre avec humour et poésie la détermination des femmes à faire cesser la guerre.

 

Extrait

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