Un astronaute en Bohême **

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C’est officiel depuis quelques jours, « Un astronaute en Bohême » de Jaroslav Kalfar, est retenu dans la short-list du ‘First Novel Prize 2017’ ! Les aventures de Jakub, spationaute tchèque, héros de la nation et époux infortuné, sont donc en passe de devenir l’un des grands succès littéraires de l’année aux Etats-Unis – et l’auteur de gagner son pari: devenir porte-parole de son pays d’origine, avec un roman écrit directement en anglais.

L’histoire

Sous les acclamations de la foule, Jakub embarque seul dans un vaisseau spatial, pour une mission périlleuse, dont dépend peut-être le sort de l’humanité. Pendant son périple, il apprend que sa femme Lenka le quitte. Désespéré, il est abordé par une créature extra-terrestre, qu’il baptise Hanus, avec lequel il noue une relation amicale et revit tous les évènements de son passé. Mais à l’approche de Vénus, il est éjecté du vaisseau.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Contrairement aux apparences, ce livre n’est pas un roman de science-fiction, mais plutôt une sorte de fable philosophique, truffée de réflexions pertinentes, qui met en perspective l’histoire de la République tchèque, et la vie personnelle de Jakub. De part ses origines familiales, et grâce à la conquête spatiale, il veut devenir le héros de la Nation, tout comme son pays va l’utiliser pour obtenir une reconnaissance internationale. Ainsi, Kalfar nous montre que les blessures de l’histoire doivent être cautérisées mais sont aussi le ferment d’une énergie nouvelle et conquérante.

Poursuivre la déambulation

La conquête spatiale est un thème fascinant, étroitement associé à l’époque de la Guerre Froide, et donc à l’ère du communisme en Europe de l’Est. La confrontation entre bouleversements de la grande Histoire et destins individuels se retrouve dans un délicieux roman paru en 2016 chez Verticales, « Les cosmonautes ne font que passer » par Elitza Gueorguieva, une jeune romancière d’origine bulgare. Plus rare, et pour tout dire tout à fait exceptionnel, vous trouverez dans les « Camouflages » de Joan Fontcuberta (co-publié par la Maison Européenne de la Photographie) des histoires de ‘Constellations’ et de ‘Spoutnik’ dont vous ne reviendrez pas !

Extrait

« Je servais la science, mais je me sentais plus comme un casse-cou sur sa moto-cross, surplombant l’immense fossé du plus grand canyon du monde, priant tous les dieux dans toutes les langues avant de faire le saut de la mort, de la gloire, ou des deux. Je servais la science, pas la mémoire d’un père dont l’idée du monde s’était émiettée dans l’hivers de Velours; pas la mémoire du sang de porc sur mes chaussures. Je n’échouerais pas. »

« Je vais te laisser te reposer, maigre humain, mais dis-moi, y a-t-il dans le garde-manger du vaisseau des ovas du genre aviaire ? J’en ai entendu le plus grand bien, et j’aurais plaisir à les consommer. »

« Nous ne pouvons pas combattre le monde entier, les dix millions d’entre nous, donc nous choisissons des gens que nous considérons comme devant être punis, et nous les faisons souffrir du mieux que nous pouvons. Dans un livre, ton père est un héros. Dans un autre livre, c’est un monstre. Les hommes qui ne sont pas dans les livres ont la vie plus facile. »

 

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