Une histoire des loups ***

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Premier roman d’Emily Fridlund, « Une histoire des loups » vient de paraître chez Gallmeister…Il y est en fait peu question des loups (les animaux), peut-être faut-il alors chercher les loups parmi les protagonistes de l’histoire ? Au coeur du Minnesota, bien des questions ne trouvent pas de réponse !

L’histoire

Madeline a grandi avec ses parents dans une ancienne communauté hippie, en pleine nature. De l’autre côté du lac, une famille aisée vient s’installer. Madeline les observe à la jumelle : un couple et un enfant. Elle ne tarde pas à devenir la baby-sitter du petit garçon, dont le père est souvent absent pour raisons professionnelles. Progressivement, elle rentre dans l’intimité de ce foyer, où en apparence tout est normal, quoique…

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Ecrit à la première personne, le témoignage de Madeline laisse entendre dès le début que cette histoire va mal tourner. Ainsi, afin de deviner les raisons du drame annoncé, le lecteur est incité à trouver des éléments inquiétants, suspects, dans tous les micro-évènements de la vie quotidienne des personnages. J’ai aimé cette atmosphère étrange, un peu oppressante. On s’attache à comprendre aussi la personnalité de Madeline, adolescente instinctive et farouche : parfaitement en symbiose avec la nature, elle cherche éperdument la clé des relations humaines; tel un animal perdu, elle observe, s’approche, est fascinée par cette famille, au point de ne pas en remarquer les failles et les dysfonctionnements.

Poursuivre la déambulation

Cette atmosphère très particulière, empreinte de la rigueur de l’hiver nord-américain, ourdie d’une menace sombre et impalpable, m’a vraiment rappelé certains livres absolument admirables de Laura Kasischke, en particulier « Esprit d’hiver » et « Un oiseau blanc dans le blizzard ». Ce dernier a d’ailleurs été très bien adapté au cinéma en 2014, sous le titre « White Bird » avec Eva Green !

Extrait

« Qui regarde qui ? pensai-je un matin quand je sortis m’occuper des chiens et vis le téléscope de l’autre côté du lac braqué droit sur la maison de mes parents. Pointé comme une flèche vers le cœur de la cabane, vers notre seule fenêtre avec ses chiffons dans le chambranle. Je sentis de picotements sur mon scalp. »

« Par nature, compris-je soudainement, les enfants sont cinglés. Ils croient à des choses impossibles pour satisfaire leurs besoins, ils prennent leurs fantasmes pour le centre du monde.(…). Par nature, les enfants sont aussi des perroquets. »

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