Une femme douce ***

 

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Présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes, ce film de Sergei Loznitsa nous emmène sur les pas d’une femme déterminée à remettre un colis de nourriture à son mari prisonnier dans une ville lointaine . Son voyage est une véritable Odyssée au travers d’une Russie post-communiste déglinguée et kafkaïenne.

L’histoire

La femme prend le bus, puis le train, puis le taxi ; à chaque étape elle croise des gens qui parlent, chantent, braillent parfois. Mais son visage reste figé; silencieuse, elle marche, ployant un peu sous le poids de son énorme sac. Elle arrive dans cette ville ‘de prison’, se heurte à une bureaucratie inflexible, se laisse entraîner par les habitants, qui, eux, peut-être, peuvent l’aider…Mais à qui peut-on réellement se fier ?

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

Tout d’abord pour cette galerie de personnages ‘hauts en couleur’ que la femme rencontre au fil de son périple, et qui se trouvent ensuite réunis au cours d’un banquet fellinien  (grand moment du film !) : fonctionnaires, flics, putes, paumés en tous genres, tous patriotes, et tous – ou presque – désabusés. J’ai aimé, malgré sa noirceur, la Russie de Loznitsa, qui chante et trinque et se vautre; il y a dans ce film une violence, une folie, une tension qui m’ont électrisée . Le réalisateur prend son temps, un peu trop, mais peut-être était-ce nécessaire pour englober toute l’ambition politique et esthétique de ce film.

Poursuivre la déambulation

Le film est inspiré d’un court roman de Dostoïevski ; on pense évidemment à « L’Idiot » dont le personnage principal, le prince Mychkine, est en décalage permanent par rapport au monde.
Côté cinéma, on est à la croisée des chemins entre les personnages extrêmes de Fellini dans « Amarcord », et l’implacable rigidité d’un système, tel qu’il est montré dans « Brazil » de Terry Gilliam.

Extrait

« -Ton mari est en prison pour quoi ?
– Pour meurtre.
– Il a tué qui ?
– Personne

– Tu sais où crécher ? Je m’appelle Zinka. Je prends pas cher.

– Viens. J’ai tout arrangé.

– Crois pas les gens. Tous des ordures. « 

Une réflexion sur “Une femme douce ***

  1. Pingback: Un homme intègre *** | Cornelia

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