Je m’appelle Nathan Lucius **

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Roman de l’écrivain sud-africain Mark Winkler publié chez Métailié, « Je m’appelle Nathan Lucius » prend le lecteur au piège : tout d’abord drôle, poétique, tendre, le récit accélère subitement et prend le virage de la folie et de la noirceur.

L’histoire

Nathan Lucius est un type ordinaire qui vit une existence bien réglée, entre son minuscule appartement (et sa voisine Mme Du Toit), son boulot de vendeur d’espaces publicitaires (et sa chef Sonia), le bar d’Eric où il boit des bières , et le parc pour aller courir. Lorsque son amie antiquaire, Madge, atteinte d’un cancer, lui demande son aide pour en finir, Nathan est un peu ébranlé.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Malgré les apparences, tout ne tourne pas parfaitement rond dans la tête de Nathan. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce roman à la première personne : le lecteur accepte les bizarreries de ce héros si banal, et savoure ses réflexions poétiques, durant toute la première partie (intitulée ‘Après’). Pourtant les indices sont bien là sous nos yeux ! Progressivement l’atmosphère se tend, et on découvre dans la seconde partie (‘Avant’), une toute autre réalité. Le livre pose la question de la marge, parfois infime, entre normalité et folie, et nous surprend à conserver jusqu’au bout de l’empathie pour un monstre – coupable et innocent à la fois.

Poursuivre la déambulation

Parmi les livres de la Rentrée littéraire 2017, « Encore vivant » de Pierre Souchon fait écho à « Nathan Lucius », en racontant la folie ‘vue de l’intérieur’.
Pour continuer sur cette thématique, mais cette fois-ci avec un ton un peu moins dramatique, je vous recommande « L’Aliéniste » de J.-M. Machado de Assis (publié aussi chez Métailié), court roman très drôle dans lequel on voit la quasi-totalité de la population d’un village se faire enfermer dans un asile.
Encore plus drôle, voire totalement déjanté, « La Fin du Monde a du retard » de J.M. Erre chez Buchet-Chastel, met en scène deux personnages échappés d’une clinique psychiatrique, et engagés dans une course-poursuite avec d’innombrables rebondissements.

Extrait

 » Nous commençons. Les armes à feu ne sont pas envisageables. Nous ne saurions pas où nous en procurer une. Ni comment nous en servir. Nous pourrions faire en sorte que cela ressemble à un accident. Une overdose de médicaments qu’elle refuse de prendre. Une électrocution. Un court-circuit à la boutique. La bouilloire peut-être ».

2 réflexions sur “Je m’appelle Nathan Lucius **

  1. Pingback: Eleanor Oliphant va très bien ** | Cornelia

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