Encore vivant ***

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Ce récit de Pierre Souchon raconte le parcours d’une jeune homme, diagnostiqué ‘bipolaire’ à l’âge de vingt ans, qui, ayant réussi à mener une existence en apparence ‘normale’, replonge en hôpital psychiatrique. Un livre abrupt, qui porte la voix d’un homme toujours vivant, avec ses envolées de colère, ses accès de désespoir, et malgré tout, un regard lucide qui laisse s’épanouir beaucoup d’humour et d’humanité.

L’histoire

Issu d’une longue lignée de paysans ardéchois, le narrateur est devenu journaliste et il s’est marié à Garance, une jeune femme aux origines bourgeoises. Suite à une crise qui le laisse, à moitié nu, accroché à une statue de Jaurès , il se retrouve en asile psychiatrique, et raconte cette expérience, le rapport avec les autres malades, le rôle des médecins, et le soutien inconditionnel de son père, qu’il re-découvre.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Pierre est un être à la fois touchant et fascinant, par son intelligence, son humour, sa sincérité, son extravagance même. Du fait d’une sensibilité exacerbée, d’un sens profond de l’injustice, d’une conscience aigüe des différences de classes, il ne parvient jamais vraiment à trouver sa place. Il recherche dans son histoire familiale, dans l’attachement à la terre et à la nature, et dans l’écriture et la littérature des clés pour enfin se fixer, s’ancrer dans la réalité.

Poursuivre la déambulation

A propos de l’enfermement psychiatrique, et de la force des livres pour échapper à la réclusion, je vous conseille le magnifique roman de Blandine Le Callet paru chez Stock en 2010,  » La Ballade de Lila K ».
Dans un tout autre style, le roman « La culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole » (de Hubert Haddad chez Fayard) vaut le détour ne serait-ce que pour son titre (!), mais aussi pour suivre les démêlés du narrateur, un aventurier ayant hérité d’un asile psychiatrique.

Extrait

« Papa m’avait confit de poésie. Tout petit. Vigny, Nerval, Baudelaire qui le faisait pleurer, Hugo, aussi, un peu. Il n’était jamais allé à l’école, ou presque pas. Ses envolées n’étaient pas académiques : il avait braconné les poètes de haute lutte. Il martelait leurs vers comme on enfonce un piquet, les répétait comme on bêche un sillon ».
« Qu’est-ce qu’on raconte ? Que j’ai donné un flingue à un Gitan repris de justice ? Ou que j’ai rendu service à un type qui n’avait plus rien? Que j’ai squatté trois jours dans une baraque pourrave, dégueulasse, avec dedans des plumés et des camés qui élèvent des gamines au milieu des merdes de chien ? Ou que des gens m’ont accueilli, m’ont fait confiance et m’ont tout filé alors qu’ils n’avaient rien, et qu’ils étaient beaux ? C’est tout.(…) Ce que je dis, c’est qu’il faut tout le temps extraire l’humanité. »

Une réflexion sur “Encore vivant ***

  1. Pingback: Je m’appelle Nathan Lucius ** | Cornelia

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