Il pleuvait des oiseaux ***

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Ce roman de Jocelyne Saucier nous emmène en compagnie d’une photographe au plus profond de la forêt canadienne, à la rencontre de deux vieux bonshommes, épris de liberté et de nature. Ce court récit aborde avec sensibilité et douceur les thématiques de la vieillesse, du souvenir, et de la mort.

L’histoire

L’arrivée de la photographe vient déstabiliser l’équilibre établi entre les deux compères ; il faut dire que leur ami Boychuk vient de mourir. Mais bientôt, une vieille femme délicieuse vient se joindre à eux : elle s’appelle Marie-Desneige. Le passé peu à peu ressurgit, et on revit l’horreur des grands incendies qui ont frappé la région des décennies plus tôt.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

La construction du livre est particulière : la narratrice donne quelques indications, et puis s’efface pour laisser la parole aux protagonistes de l’histoire. Cette discrétion, cette délicatesse, cette pudeur sont au cœur même du livre et contribuent à son charme attachant. L’auteur aborde de douloureuses questions existentielles avec poésie, retenue, finesse. On ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour ces personnages hors du monde et hors du temps, en particulier Marie-Desneige, fragile et lumineuse.

Poursuivre la déambulation

Ayant été enthousiasmée par cette lecture, j’ai entrepris ensuite  » Les héritiers de la Mine » et « Jeanne sur les routes », du même auteur, que je juge un peu moins envoûtants que  » Il pleuvait… » mais tout de même très réussis !
Les auteurs québécois contemporains sont nombreux et plutôt mal connus en France ; je peux vous recommander « Arvida » de Samuel Archibald, et dans un tout autre style, « Madame Victoria » de Catherine Leroux.

Extrait

« La photographe s’était demandé comment elle parviendrait à fixer cette absence sur la photo. Ceux qui l’avaient connu vieillard disaient qu’il était impossible de voir quoi que ce soit dans ses yeux. C’était comme essayer de lire un livre qui n’avait pas été écrit. On s’y perdait à imaginer ce qu’on voulait voir. »

« Le chant de Marie-Desneige s’éleva et la nuit porta sa prière dans l’immensité du ciel. »

 

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