Marx et la Poupée **

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Prix Goncourt du Premier Roman et Prix Ouest France / Etonnants Voyageurs, « Marx et la Poupée » de Maryam Madjidi évoque dans un récit très largement autobiographique les réflexions et les difficultés d’une petite fille iranienne, arrivée en France à l’âge de 6 ans.

L’histoire

A Téhéran, Maryam vit une enfance heureuse, normale – sauf qu’on lui demande de faire don de ses jouets aux enfants pauvres, sauf que son oncle n’est pas là pour son anniversaire, sauf qu’il y a des réunions politiques clandestines dans sa maison…L’arrivée en France est une épreuve; après une longue période de silence, la petite fille décide d’enterrer le persan comme ses parents ont naguère enterré leurs livres interdits, et d’adopter le français avec rage et passion. Maryam finit par s’adapter, elle ne reviendra en Iran que bien des années plus tard.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

« Marx et la Poupée » est un court roman d’une grande délicatesse, écrit dans une langue simple et fluide, où alternent souvenirs, poésies et contes , et où s’entremêlent en permanence le ‘je’ et le ‘elle’ .
Madjidi raconte la déchirure entre deux pays, deux cultures, deux langues, et en même temps la fierté d’être différente, riche de son héritage et de ses expériences.
C’est aussi en filigrane un témoignage sur les conséquences de la Révolution en Iran, notamment le traitement infligé aux femmes.

Poursuivre la déambulation

On pense bien sûr tout de suite à la magnifique BD de Marjane Satrapi, « Persépolis », adaptée en 2007 dans un film d’animation qui a reçu le prix du jury à Cannes.
Sorti en 2013, le film « Le Passé » d’Asghar Farhadi raconte le passage à Paris d’un Iranien venu régler les détails de son divorce, et confronté à des souvenirs douloureux.
La littérature iranienne contemporaine est très prolifique ; les éditions Zulma publient depuis plusieurs années les œuvres de Zoyâ Pirzâd (« Le goût âpre des kakis »), et aussi Fariba Vafi (« Un secret de rue »).

Extrait

 » La petite fille de six ans et sa mère sont à la maison. La petite fille regarde sa mère, qui regarde par la fenêtre. La mère parle de moins en moins. Sa langue est réduite à la communication minimale, aux échanges utiles et vides du quotidien. »

 » Je voudrais passer ma vie à récolter des histoires. De belles histoires. Dans un sac, je les mettrais et je les emporterais avec moi. Et puis au moment propice les offrir à une oreille attentive pour voir la magie naître dans le regard. Je voudrais semer des histoires dans les oreilles de tous les êtres. »

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