Le Caire Confidentiel **

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Ce film, réalisé par Tarik Saleh, a remporté le Grand Prix du festival Sundance. Sur fond d’intrigue policière, il nous livre une vision moderne et crépusculaire du Caire, ville surpeuplée et perpétuellement en activité, à la veille du Printemps arabe.

L’histoire

Au Caire, en 2011, un flic, Noredin, enquête sur l’assassinat d’une jeune femme dans un palace. Il s’avère qu’elle était la maîtresse d’un proche du fils de Moubarak. Dans les couloirs de l’hôtel, une femme de ménage soudanaise, Salwa, en a trop vu ; elle a peur et se cache. Mais Noredin, malgré les pressions diverses, est déterminé à faire émerger la vérité.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

Le scénario est directement inspiré de faits réels : en 2008 une célèbre chanteuse libanaise avait été assassinée et les deux instigateurs du crime ont été lourdement condamnés, suite à un procès largement médiatisé, qui avait mis en évidence les collusions entre le pouvoir politique, le monde des affaires et la police. C’est précisément cette corruption permanente à tous les niveaux que le réalisateur Tarik Saleh cherche à dénoncer. Il montre aussi le sort peu enviable des communautés d’immigrés au Caire. L’intérêt du film réside donc dans ses deux niveaux de lecture, à la fois thriller palpitant, porté par un acteur ( Fares Fares) très convaincant, et quasi documentaire sur une société gangrénée par la corruption et les abus des classes dominantes…expliquant l’explosion de violences lors de la manifestation historique sur la place Tahrir, qui vient clôturer le film.

Poursuivre la déambulation

Le titre du film est bien sûr inspiré du célèbre « L.A. Confidential », roman de James Ellroy (troisième volet du « Quatuor de Los Angeles »), porté à l’écran en 1997 par Curtis Hanson. Vous pouvez bien sûr relire le roman et revoir le film ; mais « Le Caire Confidentiel » m’a surtout rappelé un autre livre de James Ellroy, publié en 2015, qui inaugure une nouveau cycle de « Quatuor de Los Angeles » : « Perfidia ». Sur plus de 800 pages, « Perfidia » est un thriller aux innombrables personnages et ramifications, qui nous plonge au cœur de Los Angeles juste après l’attaque de Pearl Harbour – et dresse le portrait peu flatteur d’une société là encore corrompue et raciste.

Extrait

  • « – Oublie le Hilton. Le procureur a conclu à un suicide
    –  Elle s’est égorgée elle-même ? »
  • « – Je vais lui demander un million.
    – C’est trop. Demande 100 000. »

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