Ava ***

AVA film

Premier long-métrage de Léa Mysius, scénariste et réalisatrice issue de la FEMIS, ce film a reçu le prix SACD lors de de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2017…Ava est un film très maîtrisé; le scénario, le jeu des acteurs, le choix des lieux, la photo, la bande-son, tout s’imbrique et contribue à emporter le spectateur dans un élan audacieux, partant d’un univers statique et réaliste pour aboutir à un road-movie dans l’arrière-pays .

L’histoire

Ava a 13 ans, elle vit avec sa mère et sa petite sœur sur la côte landaise. Elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie des yeux qui va progressivement lui faire perdre la vue. Ava suit sur la plage un chien noir qui appartient à un jeune gitan, le lui vole et s’entraîne à se laisser guider, un bandeau sur les yeux. Elle est attirée par le jeune homme et finit par le retrouver, il a fui sa famille et se cache de la police dans un ancien blockhaus, sur la plage.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

Le scénario est basé sur le personnage d’Ava, une adolescente un peu farouche, confrontée aux changements contradictoires de son corps (au fur et à mesure qu’elle devient femme, sa vision se trouble); elle subit la personnalité fantasque et immature de sa mère, incarnée par Laure Calamy, excellente dans ce rôle.
Noée Abita incarne Ava à la perfection; pour ce premier rôle au cinéma, elle parvient à exprimer de tout son corps un mélange de détermination et de détresse.
La côte landaise, région d’origine de la réalisatrice, est le cadre parfait pour cette histoire : on passe de l’ambiance familiale et populaire de la plage ( bondée et colorée, on pense aux photos de Martin Parr) à une deuxième partie filmée dans des paysages plus abrupts et sauvages ( l’océan, la plage, le blockhaus). La fuite dans l’arrière-pays est marquée par des épisodes assez drôles, telle l’inénarrable ‘chasse aux naturistes’, ou subitement beaucoup plus angoissants, lors des interventions de la police par exemple. L’obscurité qui envahit peu à peu l’horizon d’Ana est symbolique, il y a tout au long du film un jeu entre les couleurs vives et le noir, omniprésent.

Poursuivre la déambulation

Ce film m’a rappelé ‘Les Combattants’, un film de Thomas Cailley sorti en 2014, avec Adèle Haenel et Kevin Azaïs. On retrouve chez les personnages la même exigence, la même détermination à se préparer pour affronter des situations extrêmes, et ensuite la fuite, la survie d’un couple livré à lui-même, en marge de la société.
Et puis, j’attends avec impatience la sortie en Septembre du film ‘ Jeune Femme’, d’une autre jeune réalisatrice sortie elle aussi de la FEMIS, Léonor Serraille, qui a remporté la Caméra d’Or, présenté dans la sélection ‘un Certain Regard’.

Extrait

2 réflexions sur “Ava ***

  1. Pingback: Jeune Femme *** | Cornelia

  2. J’avais beaucoup aimé Les Combattants, et on retrouve un peu de ça dans Ava c’est vrai. En plus solaire. Et peut être en un peu moins émouvant, mais ce n’est que mon ressenti !
    Belle journée !

    J'aime

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