Votre Maman ***

VOTRE MAMAN atelier

Donnée au théâtre de l’Atelier, cette courte pièce est l’oeuvre de Jean-Claude Grumberg, célèbre pour avoir écrit un grand nombre de pièces, dont ‘l’Atelier’, pour laquelle il a reçu en 1999 le Molière du Meilleur Auteur Dramatique.

L’histoire

Un homme vient chaque jour rendre visite à sa mère, qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer et vit dans une maison de retraite. Il est reçu chaque jour par le directeur de l’établissement, qui l’interpelle ( ‘Votre maman!’) puis l’informe de l’état de la résidente. S’ensuivent des situations parfois cocasses ou touchantes, des dialogues qui frisent l’absurde ou même le surréalisme. Les thèmes du grand âge et de la mort sont traités avec une grande délicatesse, et sans jamais entrer frontalement dans l’effroyable réalité de ce qu’est la maladie d’Alzheimer.

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le voir

Parce que justement l’auteur, le metteur en scène, les comédiens ont su trouver le ton juste, sans tomber dans le pathos, sans véritablement provoquer un malaise chez les spectateurs. On se souviendra de la jolie performance de Catherine Hiegel, qui fait varier ses expressions de visage et son ton d’une seconde à l’autre, oscillant entre l’emmurement et l’acceptation, la colère et la joie,  la satisfaction et la cruauté. Bruno Putzulu joue avec sa simplicité et sa sobriété habituelles. A noter, le décor et les éclairages, très réussis, qui évoquent tour à tour les troncs des arbres dans une forêt et les barreaux d’une prison.

Poursuivre la déambulation

Si vous aimez les dialogues un peu absurdes, poursuivez avec la découverte des pièces de Grumberg (la plupart sont éditées aux Actes Sud- Papiers). J’ai eu pour ma part la chance d’assister en Mars 2012 au Théâtre du Rond-Point à une autre pièce de Grumberg, ‘Moi je crois pas’, avec là encore Catherine Hiegel dans un face-à-face avec Pierre Arditi. Suite de saynètes, jouées dans un décor minimaliste, la pièce met en scène un coupe usé par les années et abruti par la télévision. Ils échangent des lieux communs, s’engueulent, et l’on retrouve bien dans cette pièce le thème de l’incommunicabilité présent dans « Votre Maman’. Vous retrouverez aussi ce ton si particulier des dialogues de Grumberg, qui n’est pas sans rappeler certains textes de Raymond Devos,  dans ‘ Si ça va, bravo’, dont voici un petit extrait :

  • Ca va ?
  • J’ai l’air ?
  • De quoi ?
  • D’aller ?
  • Où ?
  • Où quoi ?
  • Où tu vas?
  • Est ce que je sais ?
  • Tu sais pas où tu vas ?                                        etc, etc !

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