L’homme qui s’envola ***

P_20170619_095006 (2)L’auteur, Antoine Bello, est également connu pour avoir écrit la trilogie des ‘Falsificateurs’; ce que l’on sait moins, c’est qu’il a été, comme le héros de ce nouveau roman, un homme d’affaires extrêmement talentueux dans une précédente vie.

L’histoire

Walker a tout pour être heureux : une entreprise florissante, une femme aimante et des enfants merveilleux. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie, car il a le sentiment de ne plus maîtriser son temps, étant perpétuellement engagé dans des obligations professionnelles, familiales, sociales. Il décide donc de disparaître, et met en scène sa propre mort dans un accident d’avion privé. Cependant, Nick Shepherd, détective spécialisé dans les disparitions, est convaincu qu’il est toujours vivant et, avec l’assentiment de la ‘veuve’,  part à sa recherche. On assiste alors à une course-poursuite, le chasseur et sa proie rivalisant tous deux d’ingéniosité, mais aussi parfois pris par le doute et le découragement…

Et je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants, car on n’est pas là pour spoiler.

Pourquoi le lire

Tout d’abord, parce que c’est un récit haletant, et qu’il est difficile de le lâcher avant d’atteindre la dernière ligne !
Avez-vous, vous aussi, rêvé un jour de tout lâcher pour recommencer une nouvelle vie ? Walker nous enseigne que pour y parvenir, il faut une détermination farouche (surmonter le déchirement d’abandonner les siens), beaucoup d’argent, et une certaine agilité avec les nouvelles technologies pour brouiller les pistes. Il gagne durement sa liberté au prix de souffrances physiques et morales, il est seul et n’a pas droit à l’erreur. Le personnage de Sarah, son épouse, est également très bien croqué; successivement dévastée par la mort de son mari, puis révoltée par sa ‘trahison’ qu’elle cache à ses enfants, elle arrive finalement avec l’aide de Shepherd à comprendre les raisons de cette disparition.
Après une première partie relatée au passé par un narrateur extérieur, ce sont les trois personnages principaux, Walker, Sarah, et Shepherd, qui prennent la parole à tour de rôle et au présent, pour témoigner. L’alternance des points de vue donne une forte dynamique au récit, émaillé de nombreux rebondissements.

Rencontre avec l’auteur

C’est à l’occasion du Festival Etonnants Voyageurs en Juin 2017 à St Malo que j’ai pu l’écouter lors d’une conférence intitulée ‘ Echapper à sa vie’ et échanger ensuite quelques mots avec lui. Il explique qu’il a ressenti envers son existence d’homme d’affaires la même vacuité que son héros, mais que contrairement à lui, il a pu se reconvertir (à temps!) en exploitant sa fibre créatrice, et en se lançant dans l’écriture. Le roman est d’ailleurs dédié ‘A ceux que je ne quitterai jamais’.

Poursuivre la déambulation

Si vous ne les avez pas déjà lus, lâchez tout pour vous plonger d’urgence dans les ‘Falsificateurs’, les ‘Eclaireurs’ et les ‘Producteurs’, en étant avertis que dès lors, votre regard sur l’actualité et l’information en sortiront changés ! Le doute va s’immiscer dans votre esprit, mais ‘douter, n’est-ce pas commencer à réfléchir par soi-même ?’ ( bon sujet pour le bac, vous avez 4 heures !)
Toujours à propos de ‘l’Homme qui s’envola’, il a été question dans la presse du film sorti en 2002, ‘ Catch me if you can’ / ‘ Attrape-moi si tu peux’ de Steven Spielberg avec Leonardo Di Caprio –  film divertissant certes, mais qui repose essentiellement sur le couple classique ‘malfaiteur/ poursuivant’, alors que le livre d’Antoine Bello, à mon avis, a un propos plus profond et plus complexe: quel est le prix à payer pour s’offrir une nouvelle vie ? Dans le cas de Walker, il est énorme ! Alors qu’il est si simple, pour un montant abordable, de se projeter dans des dizaines de vies par le biais de la fiction…

 

L’extrait

‘Je le hais. Comment a-t-il pu nous faire ça ? Est-ce qu’il a pensé une seconde à ses enfants ? A moi, sa compagne de vingt ans, qui l’ai toujours épaulé ?’

‘Walker aurait détesté ses obsèques. La preuve, il n’est pas venu.’

‘Je savoure le plaisir simple de flâner le nez au vent en regardant les passants dans les yeux.’

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